mardi 23 décembre 2014

courage, courage, courage

J'en suis venu à croire que beaucoup de problèmes personnels pourraient être résolus une fois pour toutes seulement si on possédait un trait en particulier.  Ce trait, c'est le courage.

Rendez-vous compte de la magnificence de cette nouvelle ?  Enfin, certains d'entre nous nous efforçons de trouver ce que nous devrions faire de nos vies, et voilà une réponse.  Cette seule chose.  Avoir du courage.  Bon, connaître cette nouvelle ne résoudra pas les problèmes, mais savoir quoi faire dans une situation délicate fait certainement une partie importante du travail qui amène à la solution.

Tant de fois dans ma vie, ce qui a fait la plus grande différence entre une situation peu satisfaisante et une situation satisfaisante, c'était le courage.  Je trouve que c'est aussi simple que dire "si j'ai du courage, je gagne."  C'est comme les deux équations suivantes :

avoir du courage = décrocher la victoire

ne pas avoir de courage = ne pas décrocher la victoire

Le courage prend le dessus sur d'autres qualités

Quand il s'agit de réaliser des choses, je pense que le courage est tout aussi important que d'autres qualités très recherchées, si pas plus.  Parmi ces qualités figurent la discipline, la sagesse, l'optimisme, la curiosité.  En effet, il y en a beaucoup d'autres et elles ont chacune leur juste place, mais je pense que le courage en est une qui est presque toujours nécessaire.  Prenez la vertu de la discipline pour commencer.  C'est bien d'avoir de la discipline, mais il faut en général du courage pour retenir cette discipline quand les choses se corsent.  Et dans une vie qui vaut la peine d'être vécue, les choses vont presque toujours se corser à un moment.  La sagesse, aussi, est d'une grande valeur.  Mais sans le courage de l'appliquer face à une situation difficile, la sagesse finit par prendre un coup malheureux.  C'est comme une idée qui ne voit pas le jour, ou une "non-idée".  L'optimisme est lui aussi encore une autre qualité désirable.  Mais pour une personne qui est habituellement disposée au pessimisme mais qui est quand même déterminée à changer cela pour de bon, il faut une dose régulière de courage pour réaliser les actions qui mènent à un point de vue optimiste.  C'est comme le fait de remplacer une habitude quotidienne par une autre.  Les habitudes étant enracinées en nous, elles sont faciles à conserver.  Les changer, c'est forcément difficile, et pour surmonter une telle difficulté, nous avons besoin de courage.  Et puis il y a la curiosité, qui peut enrichir la vie pour toute personne qui la possède.  Mais afin d'apprendre de nouvelles choses et de vivre de nouvelles expériences, on doit aller au-delà de sa zone de confort ou de ce qu'on connaît déjà, ce qui peut nécessiter du courage.  Aussi dignes d'attention sont des traits comme la force, la persévérance et la résilience.  Vous pouvez affirmer ou infirmer des similarités parmi ces traits, mais il semblerait fort impossible de discuter de chacun d'entre eux sans reconnaître la pertinence du courage.

Même les sujets populaires comme la confiance en soi, l'estime de soi et le respect de soi sont tous en rapport avec le courage.

Mieux connaître le courage

Etant donné l'imprévisibilité de la vie, il est inévitable que nous soyons confrontés à la question du courage à différents moments au cours de nos vies, que ce soit à 15, à 30 ou à 60 ans.  Certaines personnes y sont face même tous les jours.  Je sais que je figure parmi ces personnes.  En fait, je suis appelé à avoir du courage plusieurs fois pendant la journée.  Si nous étions tous d'accord que la question du courage se pose fréquemment tout au long de nos vies, ne serait-il pas utile de l'étudier davantage et d'en avoir plus conscience, simplement pour savoir combien de bénéfices nous pourrions réaliser en en ayant plus ?

L'avis de quelques autres personnes (mieux placés) sur la question du courage

Alors, tout cela n'est que mon opinion.  Que pensent les autres sur le sujet du courage ?

Mihaly Csikszentmihalyi, professeur de psychologie et fondateur et co-directeur de la Quality of Life Research Center à la Claremont Graduate University, note dans son livre phare Flow (Edition française : Vivre) que le courage et la capacité de surmonter les épreuves sont les raisons pourquoi les gens ordinaires admirent les individus qu'ils admirent le plus.  Il affirme même que le simple acte d'admirer le courage est un trait positif en soi.  Citant le philosophe stoïcien Sénèque, il écrit : "Les bonnes choses qui relèvent de la prospérité sont désirées, mais les bonnes choses qui proviennent de l'adversité sont admirées."

Martin Seligman, professeur de psychologie à l'université de Pennsylvanie et ancien président de la Société américaine de psychologie (American Psychological Association), écrit dans son Positive Psychology Chapter, préparé pour le Handbook of Positive Psychology, que "nous avons découvert qu'il existe un ensemble de forces humaines qui constituent les meilleures défenses contre la maladie mentale : le courage, l'anticipation du futur, l'optimisme, les compétences relationnelles, la foi, l'éthique de travail, l'espoir, l'honnêteté, la persévérance, la capacité pour le flow et pour la perspicacité, à en citer plusieurs."  Comme nommé le premier dans cette liste, le courage peut sûrement être considéré comme une qualité importante à avoir dans la vie, surtout dans les périodes d'adversité.

Définir le courage

Mais qu'est-ce que cette chose appelée courage dont nous avons discuté jusqu'ici ?

Voilà la définition du terme selon le site Web de TV5 (et une que j'adore vraiment) :


"Force de caractère qui fait supporter la souffrance ou braver le danger."  Ce qui est moins marquant dans cette définition, c'est l'idée que la souffrance ou le danger sont des conditions préalables au courage.  Autrement dit, la force de caractère, c'est génial en soi, mais sans accompagnée du risque de souffrance ni de celui de danger, on ne peut pas parler de courage.

Avec tout le respect que je dois à cette définition de dictionnaire, j'aime parfois simplifier les choses en disant qu'une personne a du courage quand elle fait quelque chose de différent de l'habitude qui lui pose un risque émotionnel.  Autrement dit, elle fait quelque chose qui la rend vulnérable sur le plan émotionnel.  A moins que nous sommes tous des robots programmés à agir toujours de la même façon dans un circonstance donné, nous pouvons comprendre que nous sommes généralement capables de choisir un plan d'action différent de celui qui est habituel, même si ce plan nous met face à la peine, réelle ou imaginée.  Par exemple, la plupart des passagers du métro de Paris ne disent pas bonjour à la personne qui se trouve assise ou débout à côté d'eux, même s'ils sont techniquement capables de dire bonjour, même s'ils ont déjà parlé à des inconnus maintes fois avant.  En fait, presque rien n'est dit dans le métro, si ce n'est le cas des gens qui se connaissent déjà, celui des gens qui sont au téléphone avec quelqu'un de loin, ou celui des gens qui sollicitent de l'argent ou d'autres faveurs des passagers.  Ce serait donc courageux d'adresser la parole à quelqu'un dans un tel environnement, mais seulement si cela posait un risque émotionnel à la personne qui le faisait.  Par contre, pour une personne qui avait confiance en elle dans les rapports sociaux, dire bonjour à quasiment n'importe qui et quasiment n'importe où serait d'une seconde nature, et pas forcément courageux.

Imaginez.

Si nous avions plus de courage, nous n'aurions plus besoin de prêter trop d'attention aux apparences que nous donnons aux autres.  Plutôt, nous nous focaliserions sur ce que nous trouvons uniques et précieux en nous-mêmes.  En ce faisant, notre estime de soi et notre respect de soi augmenteraient.

Si nous avions plus de courage, nous n'aurions plus besoin d'accumuler des produits qui nous promettent la belle vie.  Plutôt, nous nous focaliserions sur la création de quelque chose de bénéfique à partir des circonstances dans lesquels nous nous trouvons.  En ce faisant, notre confiance en soi et notre sens de l'initiative augmenteraient.

Si nous avions plus de courage, nous n'aurions plus besoin de dépendre de la vie des autres, célèbres ou pas, pour notre propre plaisir.  Plutôt, nous nous rappellerions que nous sommes des sources naturelles de joie, et nous nous focaliserions sur le partage de cette richesse qui nous a toujours appartenu avec les autres.  En ce faisant, notre vie aurait un sens plus fort et notre bien-être global augmenteraient.

Montrer du courage, c'est en avoir

Plutôt que parler du fait d'avoir du courage, je pense qu'il est plus approprié de parler du fait de montrer du courage.  Après tout, dire à quelqu'un d'avoir du courage n'est pas très clair.  Sérieusement, comment vous mettez-vous à avoir quelque chose d'aussi abstrait que le courage ?  Je ne sais pas vraiment, alors je suggère l'idée de montrer du courage.  Montrer consiste à faire des actions qui sont clairement perçues par les sens.  Par exemple, quitter le cercle d'amis pour aller parler avec un inconnu lors d'un concert.  Révéler des nouvelles inquiétantes mais importantes à ses parents.  Tenter un baiser lors d'un premier rendez-vous amoureux avec une inconnue.  Celles-ci ne sont que quelques démonstrations de courage, pourvu qu'on s'expose à un risque émotionnel en faisant l'action.  Et il se trouve que lorsque qu'on montre du courage en action, il est indiscutable qu'on en a.

Le courage est mieux accompagné de sens

Je ne sais pas pour toi, mais j'ai juste envie de faire plus de choses qui me donnent précisément l'opportunité de montrer du courage.  Même si j'échoue à maintes reprises.  Même si je ne fais rien au final.  En d'autres termes, plus je trouve qu'une action donnée fait preuve de courage par rapport à d'autres dans une situation donnée, plus je m'intéresse à réaliser cette action.  Comme on dit, "il faut souffrir pour être belle."  Cela dit, montrer du courage en soi, quoique admirable, ne va pas très loin.  Je pense que ça vaut plus la peine en faisant des choses qui ont un sens.  Par exemple, il y avait quelques années, je faisais des efforts pour nager plus longuement et plus rapidement dans la piscine et je faisais d'autres efforts pour aborder des inconnus dans la rue.  Les deux activités représentaient un risque émotionnel pour moi et donc étaient des opportunités de montrer du courage.  En plus, je trouvais un sens personnel dans les deux activités.  Après les avoir poursuivies ensemble pendant une période, j'ai découvert que j'éprouvais de la joie et de la satisfaction plus souvent avec mes exploits dans la rue qu'avec ceux dans la piscine.  A partir de ce constat, j'ai conclu que battre des records personnels en nageant avait moins de sens pour moi ‒ à l'époque ‒ que de m'efforcer de mieux communiquer avec des inconnus.  Alors, vu les nombreuses opportunités de montrer du courage qui existent dans la piscine, dans la rue, ou vraiment presque n'importe où, je pense qu'il est très utile d'avoir une sorte de filtre qui permet de choisir celles ‒ quand le choix est là ‒ qui apportent le plus de satisfaction personnelle.

Nous avons un choix à faire

Avec un certain sentiment de culpabilité, je dois dire que tout discours au sujet du courage dans notre société, y compris cet article même, n'aurait pas besoin d'être si nous ne reculions jamais devant la possibilité de souffrance ou de danger en poursuivant nos buts et nos désirs.  Mais c'est trop tard maintenant.  Beaucoup d'entre nous faisons tout pour éviter la douleur, alors la notion du courage doit exister.  En même temps, certains d'entre nous nous contentons d'admirer ceux qui montrent systématiquement du courage comme si c'était une qualité innée que possédait seule une minorité de personnes.  Quel que soit le point où nous nous situons sur le chemin de la vie, nous pouvons toujours faire un choix sur le sujet dans l'intérêt de notre satisfaction personnelle.  Le choix est celui entre accepter d'éviter le risque de souffrance et de danger et nous efforcer d'être aussi courageux que nous avons besoin de l'être.


We have discovered that there are human strengths that act as buffers against mental illness: courage, future-mindedness, optimism, interpersonal skill, faith, work ethic, hope, honesty, perseverance, the capacity for flow and insight, to name several. Much of the task of prevention in this new century will be to create a science of human strength whose mission will be to understand and learn how to foster these virtues in young people.

Nous avons découvert qu'il existe un ensemble de forces humaines qui constituent les meilleures défenses contre la maladie mentale : le courage, l'anticipation du futur, l'optimisme, les compétences relationnelles, la foi, l'éthique de travail, l'espoir, l'honnêteté, la persévérance, la capacité pour le flow et pour la perspicacité, à en citer plusieurs.  La plus grande partie de la tâche de prévention dans ce nouveau siècle sera de créer une science de la force humaine dont la mission sera de comprendre et d'apprendre à promouvoir ces vertus chez les jeunes.

‒ Martin Seligman

dimanche 14 décembre 2014

fun factor

Life is not a competition, it's a game. It's not about winning or losing, it's about all the fun you can have before it ends.

La vie n'est pas une compétition, c'est un jeu.  Il ne s'agit pas de gagner ou de perdre, il s'agit de tout le fun qu'on peut avoir avant que ça se termine.

‒ Simon Sinek

Parfois, voire souvent, j'ai besoin de me rappeler que c'est censé être fun, que ça marche le mieux quand c'est fun.  Ou au moins stimulant.  Alors je dois dire merci à Alan Cohen, l'une de plusieurs personnes interviewées dans le film "Finding Joe".  Les explications d'Alan sur la métaphore de l'histoire du Bouddha d'or est un excellent rappel de l'aspect de fun à considérer dans cette chose qui s'appelle la vie.



Voici une transcription faite maison des explications d'Alan sur la métaphore en deux versions : originale et française (traduction également faite maison).

Each of us is golden by nature.  We were born golden, we were born high, we were born knowing, we were born connected to our bliss, we were born knowing truth, we were born knowing everything that every great spiritual master ever said, we were one with the Christ, the Buddha, everyone.  But then, we went to school and they said you have to dress like this, and this is what boys do, and this is what girls do, this is what black people do, this is what white people do, on and on and on.  And so we developed a casing of stone over the buddha to a point where at a young age, maybe 4 or 5 or 6 or 7, we believed that we were the stone buddha and not the golden one.  And then, something comes along that cracks our casing.  Maybe it's an injury, a divorce, a financial setback, a governmental change, something that really scares us and bugs us and knocks off a piece of our armor and only in that moment of the armor being knocked off do you get to look inside and see the gold.  And let me tell you friend, that the moment you see that gold, the armor and the concrete will never satisfy you again.  At that point, you truly enter the true hero's adventure and all you want to do for the rest of your life is pick away the stone because the gold is so much more fun.

De nature, chacun d'entre nous vaut de l'or.  On est né valant de l'or, on est né en pleine euphorie, on est né connaissant, on est né connecté à sa félicité, on est né connaissant la vérité, on est né connaissant tout ce que chaque grand leader spirituel a jamais dit, on est uni avec le Christ, le Bouddha, tout le monde.  Mais après, nous sommes allés à l'école et ils ont dit qu'il faut s'habiller comme ça, ça c'est ce que font les garçons, ça c'est ce que font les filles, ça c'est ce que font les Noirs, ça c'est ce que font les Blancs, et cetera.  Et alors nous avons développé un revêtement de pierre sur le bouddha jusqu'à un stade où à un petit âge, peut-être 4 ou 5 ou 6 ou 7, nous croyions que nous étions le bouddha de pierre et pas le Bouddha d'or.  Et puis, il arrive quelque chose qui fissure notre revêtement.  Peut-être que c'est une blessure, un divorce, un revers financier, un changement gouvernemental, quelque chose qui nous effraie vraiment et qui nous dérange et qui fait tomber une pièce de notre armure et c'est seulement dans ce moment où l'armure tombe que nous arrivons à regarder à l'intérieur et à voir l'or.  Et laisse-moi te dire mon ami que le moment où tu vois cet or, l'armure et le béton ne te satisferont plus jamais.  A ce moment-là, tu rentres vraiment dans la vraie aventure du héros et tout ce que tu veux faire pour le reste de ta vie est de retirer la pierre parce que l'or est tellement plus fun.

vendredi 28 novembre 2014

strangelove

Notre imagination est en grande partie faite de notre capacité à accueillir l'insolite de temps en temps.  Aucune raison donc de nous craindre en nous-mêmes un manque d'inspiration.

‒ Bert Dodson

Je n'ai jamais eu une description fiable de l'imagination, mais celle que nous fournit Bert Dodson, auteur du livre "Les clés du dessin", en est une que je trouve vraiment magnifique.  Pour le moins, elle démystifie cette chose qui s'appelle l'imagination, généralement considérée comme une qualité désirable possédée par une minorité de gens.  Si nous devons croire la citation ci-dessus, nous sommes tous imaginatifs, malgré ce que nous pouvons nous dire.  Je pense que nous avons tous des idées étranges, et que certains d'entre nous caressons une idée étrange de temps en temps.  Sans doute, je le fais.  Pour moi, une telle activité suscite l'enthousiasme et la curiosité, ouvre la voie à la découverte de nouvelles choses et permet de concevoir des idées encore plus étranges.  Par ailleurs, dans une société où le conformisme est fréquent, j'ai besoin d'une dose régulière d'idées étranges pour conserver la santé de l'esprit.

Ce qui reste à faire est de concrétiser ces idées.

... chaque jour nous nous trouvons confortés à des idées troublantes.  Les créateurs se distinguent des gens dits non-createurs par leur ouverture à ces nouvelles idées.

‒ Bert Dodson

vendredi 14 novembre 2014

opération the third café expliquée

Cher Lionel,

Comment vas-tu ?

Ca fait un an que je t'ai écrit la dernière fois, pourtant je n'ai reçu aucune nouvelle de ta part depuis. Ce n'était pas comme si je m'attendais à une réponse, même si ça m'aurait fait plaisir. Peut-être que mon explication de l'opération Handshake t'a fait trop flipper. Cela dit, c'était toi qui en semblais le plus curieux parmi les membres de l'équipe. Du coup, je ne comprends pas ce silence de ta part, d'autant plus qu'on pouvait parler de tout, ou presque. Juste pour éviter d'imaginer ce que tu aurais pu penser de ma lettre, je vais supposer que tout va bien. Ne dit-on pas "pas de nouvelle, bonnes nouvelles" ? De toute façon, je suis un optimiste, je ne peux donc pas me permettre de m'inquiéter si on ne me donne pas de nouvelles. Je peux seulement faire de mon mieux pour que tu aies l'idée de m'écrire et de partager tes avis avec moi. Et pour ce faire, je vais te présenter une autre opération nommée "The Third Café", que j'ai conçue et que j'ai faite à plusieurs reprises alors que j'étais encore dans l'équipe. Malheureusement, tu n'as pas pu participer à cette initiative avant mon départ. Il est même possible que tu ne l'aies pas connue. Mais ne t'en fais pas, car à la fin de cette lettre, tu en connaitras plus.

En ce qui concerne sa conception, l'opération The Third Café a en fait précédé l'opération Handshake.  Mais je n'ai réussi à la démarrer qu'après avoir eu du succès constant avec Handshake, ayant considéré cette dernière moins risquée.  J'étais déjà très heureux pendant la préparation de The Third Café, surtout quand j'écrivais le programme qui lirait un fichier contenant des dizaines de noms de collègues (en fait 80 noms environ), en sélectionnerait un au hasard parmi eux et puis l'afficherait sur l'écran.  Après toutes ces années passées à écrire de gros logiciels, qui aurait su que composer un programme autonome de 225 lignes pourrait provoquer autant de joie ?

L'opération a été inspirée de la pause-café, que nous faisions habituellement dans la salle située entre les deux open spaces de l'étage et qui disposait d'un distributeur de café.  Ces pauses semblaient être le rituel quotidien qui donnait à beaucoup d'entre nous l'occasion de nous mettre au courant et de blaguer, entre autres.  Encore plus qu'un rituel quotidien, elles avaient l'air de constituer une partie vitale de la culture au travail.  Sincèrement parlant, je ne connaissais pas ce genre de festivités quand j'ai rejoint l'équipe.  Je n'étais même pas partant, préférant rester parmi les autres à leurs postes qui, à mon avis, étaient en train de réaliser des choses productives.  Aujourd'hui, je reconnais que cette attitude ne reflétait que mes insécurités à l'époque.  Pendant mes quelques dernières années au travail, c'était différent, car mes visites à la salle de café pour parler avec des gens étaient plutôt fréquentes.  Bien sûr, je n'y étais pas la personne la plus souvent présente, mais j'avais quand même fait un bon nombre d'apparitions.

Alors le nom de l'opération fait référence directement au troisième café de la journée de travail.  Maintenant que j'y pense, ce nom est un drôle mélange du français et de l'anglais, n'est-ce pas ?  Je ne sais pas du tout pourquoi il m'avait séduit.  Il m'avait juste séduit.  En tout cas, les gens prenaient généralement le café dans la salle de café deux fois par jour.  Il y avait le café du matin, entre 9h30 et 10h30, et puis celui de l'après-midi, vers 16h00.  Comme je l'avais imaginé, le troisième café aurait lieu à 17h00.  Sûrement, ça aurait pu être trop tard pour certains, surtout ceux qui craignaient que leurs habitudes de sommeil soient dérangées s'ils avaient pris le café aussi tard dans la journée, mais c'était simplement comment je voyais à l'esprit l'opportunité pour une nouvelle opération.

Et c'était là l'idée générale : inviter des gens à une pause-café à 17h00.  En pratique, je lancerais le programme que j'avais écrit pour sélectionner au hasard un nom parmi ceux de tout le monde qui occupait les deux open spaces.  TOUT LE MONDE.  Une fois que le programme aurait sorti le nom choisi, il faudrait que je parte vers le bureau de la personne portant ce nom, soit dans notre open space soit dans l'autre, et suggérer qu'elle me rejoigne pour une pause-café.  Et je ferais ceci deux fois par semaine.

Comme tu peux l'imaginer, le "danger" dans tout cela serait d'aborder une personne que je connaissais à peine, à qui je n'avais vraiment jamais parlé ou qui je n'avais vue guère, sans dire l'incertitude de leur réaction à cette demande plutôt particulière.  Cela dit, c'était ce qui rendait la chose stimulante.  Bien sur, c'est une tâche simple de demander à une personne ‒ n'importe qui ‒ de prendre le café avec soi.  Pourtant, on a tendance à demander les gens qu'on connaît déjà ou avec qui on se sent plus ou moins à l'aise.  Même pour moi ça c'est un instinct naturel, alors accepter l'idée d'aborder des collègues avec qui j'étais peu familier ou que je n'aimais pas tellement, aussi simple qu'il était d'un point de vue objectif, a pris un effort.  Ayant trouvé de la valeur dans un tel effort, j'ai résisté à la tentation de relancer le programme jusqu'à ce qu'il me donne le nom d'un collègue que je jugeais plus facile à aborder.

J'ai pensé qu'il était important de faire l'action au bureau du collègue choisi, autour duquel il y avait presque toujours des gens pour servir de public.  Comme pour l'opération Handshake, faire des choses étranges devant un public semblait être la façon la plus rapide de s'affranchir de la peur de faire des choses étranges devant un public.  Et, comme tu le sais probablement maintenant, j'ai un certain goût de faire des choses étranges devant un public.  Parfois, je sens que c'est ma responsabilité.  Mais je digresse.

J'avais très peur d'assumer cette responsabilité, ou plutôt, de faire face à l'opinion que les autres auraient de moi si j'avais fait quelque chose d'inhabituel.  Du coup, l'opération The Third Café, quoique agréable à concevoir, n'a pas vu le jour pendant des mois.  Comme indiqué plus tôt, le succès régulier de l'opération Handshake m'a donné confiance dont j'avais besoin pour démarrer l'opération.  Pour diminuer la peur de m'y lancer, j'ai décidé d'exécuter le programme jusqu'à ce que le collègue choisi au hasard soit une personne que je n'avais pas de mal à aborder.  Alors j'ai fait ceci jusqu'à ce que le programme me donne Sylvie.  Tu te souviens d'elle, non ?

Alors la tâche de marcher jusqu'au bureau de Sylvie était des plus faciles.  Nous nous étions toujours très bien entendus.  Nous avions pris au moins une fois le café ensemble, voire le déjeuner quelques fois.  Donc naturellement, ma troisième pause-café de ce jour-là s'est très bien passée.  Avant d'avoir la discipline (et le courage) de m'adhérer à la règle de deux-fois-par-semaine, je ne me suis estimé prêt à faire l'opération pour la seconde fois que plusieurs semaines après le moment avec Sylvie.  Je savais que, après le début facile, je ne pouvais pas tricher ‒ je ne pouvais pas relancer le programme pour avoir un choix de collègue plus confortable.  Il faudrait que j'accepte le choix qui m'aurait été donné avant que je puisse avancer.  C'était simplement les règles du jeu.  Et avec ces règles à l'esprit, j'ai pris place devant mon ordinateur, j'ai trouvé le programme et je l'ai lancé.  Dans les cinq secondes que ça a pris pour afficher un nom choisi au hasard (cinq secondes qui étaient plus que nécessaires mais qui servaient uniquement à introduire du suspense), mon coeur a battu avec intensité, plus vite avec chaque seconde passante.  Puis j'ai vu le résultat sur l'écran.  Kamel.

En dehors de l'opération Handshake, je n'avais jamais parlé à Kamel.  Jamais.  Je ne savais même pas tout à fait qui il était.  J'avais juste un bon pressentiment.  En plus, à l'opposé de Sylvie, il travaillait dans l'autre open space, quelque part au milieu de la grande salle occupée par au moins une quarantaine de personnes, rendant les choses encore plus intéressantes, si pas effrayantes.  Tellement effrayantes que j'aie vécu une lutte mentale féroce pendant deux jours au travail.  Comment quelque chose de si simple peut-il être si terrifiant à la fois ?

Aussi terrifiant qu'il paraissait, j'ai réussi à trouver le courage de m'en sortir.  Il me le fallait, il n'y avait pas d'autre issue.  C'était une situation "do-or-die" ("ça passe ou ça casse"), comme j'aime bien le dire.  Alors je suis allé au bureau de Kamel, et je l'y ai fait.  Heureusement, grâce à l'opération Handshake, j'avais pris l'habitude d'apparaître aux bureaux de gens que je connaissais mal ou pas du tout pour dire simplement bonjour.  Je ne me rappelle pas en détail ce qui s'est produit ce jour-là, sauf que Kamel a trouvé le geste un peu étrange quoique assez amusant.  James, qui était de la même équipe que Kamel et qui était assis tout près, avait remarqué quelque chose d'inhabituel et a fait un commentaire.  Ce qu'il n'aurait probablement pas fait si nous ne nous connaissions pas.  Son caractère exubérant a aidé à me mettre à l'aise presque instantanément, et ce qui avait semblé si terrifiant une minute plus tôt était devenu quelque chose de si simple.

Finalement, Kamel a accepté l'invitation et nous nous sommes dirigés vers la salle de café, accompagnés de James.  C'était un rendez-vous sympa, même si je ne savais pas vraiment de quoi parler une fois que le grand évènement ‒ les moments de peur avant et pendant l'approche ‒ était terminé.  Mon inquiétude avait été inutile; une fois ensemble dans la salle de café, c'est devenu naturel d'apprendre à se connaître.   J'ai eu l'impression tout de même que la plupart du temps, Kamel était aussi encore étonné que James que je sois venu lui proposer une pause-café.  Je dois avoir donné une excuse sans risque quand il m'a demandé pourquoi, genre "Ben, j'ai juste eu l'idée d'apprendre à connaître les gens autour de moi."  En fin de compte, c'était un moment clé et j'étais complètement ravi.  On dit souvent que le premier pas est le plus difficile, et je venais de le faire.

Pendant les deux mois et demi qui ont suivi, après quoi j'ai quitté la société, j'ai fait l'opération 18 fois au total.  Ca c'est 18 invitations à prendre le café, chacune donnée à un collègue choisi au hasard d'un pool de 80 environ.  Je suis certainement devenu plus discipliné avec le temps, suivant sans faille la règle de deux-collègues-par-semaine lors de mes cinq ultimes semaines.  Plus mon anxiété a baissé, plus mon confiance a augmenté.  Dans l'ensemble, c'était une expérience formidable, une qui a rendu le temps passé au travail plus fun qu'il l'était déjà et qui a donné plus de sens à mon parcours personnel.  De plus, j'ai appris à connaître certains de mes collègues.

Parmi les 18 invitations, j'ai reçu des réponses variées.  Certains ont dit oui, et nous avons pris le café ensemble, tantôt immédiatement, tantôt un peu plus tard dans la journée.  D'autres ont dit non, prétendant généralement qu'ils étaient trop occupés.  Comme j'ai ressenti une grande satisfaction seulement en allant leur suggérer un café, leurs refus ne m'ont pas dérangé du tout.  Quelques autres personnes ont décliné parce qu'ils avaient déjà pris leur café de l'après-midi.  Je suppose que le fait d'en prendre un autre à 17h00 allait trop loin.

L'épisode le plus mémorable, c'était lorsque je devais inviter Mathieu au café.  Il faut savoir que je ne le connaissais pas personnellement, même s'il avait l'habitude de me voir venir à son bureau quand je faisais l'opération Handshake.  En plus de ça, il travaillait dans l'autre open space.  En tout cas, à 17h00 ce jour-là, malgré l'état de grande nervosité dans lequel j'étais, je me suis levé de mon siège pour aller me laver les mains avant l'acte.  Et devine qui j'ai rencontré dans les toilettes.  Mathieu !  Nous avons dû échanger un bonjour à ce moment-là, sans plus.  Je n'allais pas commencer à suggérer qu'on prenne un café ensemble, et par ailleurs faire cela autre part qu'à son bureau allait à l'encontre des règles de l'opération.  Alors je suis retourné vaquer à mes occupations et il est finalement sorti.  Quand j'avais fini, je suis parti en direction de l'autre open space.  Arrivé à la porte, je l'ai ouverte et j'ai passé à travers.  J'ai tout de suite trouvé Mathieu assis au milieu de la salle, plus loin que la place de Kamel, et j'ai avancé sans hésiter jusqu'à son bureau.  La tension qui accompagnait cette marche a rapidement diminué une fois que j'ai expliqué la raison de ma visite, comme ça avait été toujours le cas lors des épisodes précédents.  Finalement, Mathieu a décliné.  Encore un type occupé.  Au moins, il était flatté, ou avait l'air de l'être.

Le voilà.  L'opération The Third Café dans toute sa gloire ‒ pardon, dans tout son détail.  Tu es le premier à en savoir tout ‒ et je veux dire TOUT ‒, même si j'avais laissé s'échapper quelques détails à une fois que j'étais dans la salle de café avec Jérôme (le grand), Alexis et Elid, l'invité du jour.  Je ne sais plus si tu étais là aussi, mon souvenir de ce moment est assez flou.  En tout cas, aucune des personnes présentes ne se doutait pas que je jouais une sorte de jeu.  Je ne pense même pas qu'ils comprenaient ce que je disais.  Certes, donner des explications claires à l'oral n'est pas ma meilleure qualité.  Heureusement je peux écrire (assez bien).  Ben voilà.

Alors, j'espère que tu as été inspiré par cette lecture.  Enfin, j'espère que tu as ressenti quelque chose au moins.  N'importe quoi.  Si c'est le cas, j'aurai atteint mon objectif, même si tu ne m'écris (toujours) pas.  Ca me ferait quand même plaisir d'avoir de tes nouvelles.  Sans vouloir te mettre la pression.

Monsieur (Pre?)?Conf.

lundi 27 octobre 2014

pourquoi j'aime paris (7)

Le mardi 23 septembre 2014, je suis allé au bar Ladurée.

Vous savez, le bar où j'ai eu beaucoup de mal venue après venue à lancer l'opération Bar Games pour le 8ème arrondissement de Paris.

Cette fois, je n'y retournais pas pour faire une opération.  Je n'y allais même pas pour prendre un verre ni pour leurs célèbres macarons.  Non, j'y allais tout simplement pour dessiner.

Dans le cadre de mon projet de dessin "Paris par arrondissement", pour lequel je me rends dans un bar (ou un café ou un restaurant) de chacun des 20 arrondissements de Paris pour y faire un croquis urbain, j'ai décidé que pour le 8ème, je choisirais un endroit qui avait du sens pour moi.

Et il n'y avait qu'un choix possible.

Voilà.



P.S. Ils ont le meilleur chocolat chaud !

samedi 4 octobre 2014

la vie simple rendue facile

Je suis en train de lire le dernier chapitre de "Keys of Drawing" (Edition française : "Les clés du dessin"), un livre pédagogique sur le dessin.  Le chapitre est intitulé "Drawing and Imagination", et c'est un plaisir à lire.  L'auteur y affirme qu'on peut nourrir son imagination en prenant plusieurs idées distinctes et puis en les combinant.  Considérer l'opération 50 First States par exemple.  A un niveau élémentaire, c'est la combinaison de plusieurs choses : parler anglais, les capitales d'Etats américains, l'origine d'un individu et les piétons à Paris.  Chaque chose toute seule n'est guère extraordinaire.  Mais lorsqu'ils sont assemblés, on pourrait bien dire que ce qui en résulte est un produit de l'imagination.

Ce qui nous amène au titre de cet article : la vie simple rendue facile.

Il y a quelques années, j'ai découvert que la vie était simple mais pas forcément facile.  En effet, une telle découverte n'était pas nouvelle.  Dans mon esprit, j'ai dû tomber sur un lien entre différentes idées que j'avais apprises de quelqu'un d'autre.

Peut-être que la partie "la vie est simple" vient du manifeste Holstee ci-dessous, auquel je me suis beaucoup identifié la première fois que je l'ai lu.


Quant à la partie qui suggère que la vie peut être rendue facile, peut-être qu'elle vient de la citation célèbre de Sénèque qui dit "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles", et qui était une source d'inspiration d'un article que j'ai écrit au sujet de la difficulté.

Combinées, les deux parties forment une recette pour rendre facile ce qui est déjà simple.

"J'ose grandement"

dimanche 28 septembre 2014

cinq promenades dans le 12ème

Guess who's back, back again
50 First States back, tell a friend
Guess who's back, Guess who's back ...

Et comme Eminem l'a dit dans "Without Me", l'opération 50 First States est de retour.  Et pourquoi pas, avec le printemps se terminant and l'été commençant ?  Il était temps de se promener encore dans Paris au mois de juillet, quand j'ai relancé l'opération (même si, à l'heure où j'écris, l'automne est arrivé et l'hiver n'est pas loin).

Alors, à partir du juillet, je me suis attaqué au 12ème arrondissement.  Le plan d'action est resté le même depuis le 11ème arrondissement : se promener dans l'arrondissement, s'arrêtant à 10 sites remarquables et demandant aux 50 personnes passées sur le chemin si elles venaient chacune de l'une des capitales d'Etat américains.  La promenade était divisée en 5 parties, chacune comprenant 2 sites à visiter, 10 personnes à aborder, et, bien naturellement, 10 questions à poser.  J'ai réutilisé la même liste des raisons à donner (une pour chacune des 5 promenades) si les personnes que j'abordais me demandaient le pourquoi de ce que je faisais :
  • I am just bored
  • I am just trying to be creative
  • I am trying to change the world
  • I am trying to overcome my shyness
  • I am trying to stop caring about what people think about me

En VF :
  • Je m'ennuie, tout simplement
  • J'essaie d'être créatif
  • J'essaie de changer le monde
  • J'essaie de vaincre ma timidité
  • J'essaie d'arrêter de penser à ce que les autres pensent de moi

L'unique "amélioration" principale que j'ai ajoutée à l'opération était dédiée aux filles.  Quand la personne suivante que je devais aborder devait être une fille, je ne choisirais qu'une fille que je trouvais jolie.  Et avant la fin de l'interaction, je lui demanderais si elle voudrait prendre un verre avec moi.  Sans chichis, juste une invitation directe à boire un verre ensemble.

Il est important de noter que je n'ai pas pu proposer un verre à chaque fille abordée, car certaines ne sont pas restées cinq secondes pour parler.  Au fait, parmi celles à qui j'ai pu demander, aucune d'entre elles n'ont dit oui.  Cependant, j'étais préparé au rejet éventuel.

Et sans plus de cérémonie, je vous présente un récapitulatif de ma visite de 10 sites du 12ème arrondissement, accompagné de quelques notes sur les échanges intéressants que j'ai eus sur le chemin.

1. Gare de Lyon
La gare de Lyon est l'une des six gares principales à Paris.  La troisième gare de France par son trafic, elle doit son nom à la ville de Lyon, desservie par beaucoup des trains de grandes lignes qui partent de la gare, dont la plupart se terminent dans le sud de la France.  Construite à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900, elle est considérée comme un exemple classique de l'architecture de son époque.  Celle-ci se distingue par son beffroi, une tour carrée haute de 67 mètres, dont le style rappelle la tour de l'horloge qui abrite Big Ben à Londres.



En plein centre du parvis de la gare de Lyon, il y avait une fille attendant débout sans rien faire, son portable à la main.  Après une brève hésitation, je suis allé la voir.  Bon, elle ne venait pas de Sacramento, California.  Quand je lui ai proposé un verre, elle a répondu d'un air décontracté qu'elle attendait en fait son petit ami, qui avait du retard.  "Ah", me suis-je dit.  Si j'avais une stratégie bien préparée, j'aurais probablement rebondi en demandant "Donc, si vous n'attendiez pas votre copain, auriez-vous quand même aimer prendre un verre ?"  Mais non, je suis parti, tout simplement.

2. Promenade plantée
La Promenade plantée est un long espace vert aérien situé sur la trace de l'ancienne voie ferroviaire de la ligne de Vincennes.  Débutant juste à l'est de l'opéra Bastille, elle suit une bande de terrain de 4,7 km de long vers l'est jusqu'au boulevard Périphérique, une voie circulaire qui sépare Paris de sa banlieue.  Comme si elle n'était pas assez verte, la promenade donne accès à d'autres espaces verts, comme le jardin Hector Malot, le jardin de Reuilly, le jardin de la gare de Reuilly et le square Charles Péguy.

C'était dans une scène du film "Before Sunset", de Richard Linklater et avec Ethan Hawke et Julie Delpy, que j'ai découvert la promenade pour la première fois.  Depuis, j'ai toujours aimé la visiter, et le film est devenu rapidement l'un de mes préférés.





Une rencontre intéressante dans cette version améliorée de l'opération a eu lieu lorsque j'étais sur la Promenade plantée.  En passant sous une arche composée de plantes, je me suis retrouvé face à une fille qui venait de la direction opposée.  Je lui ai promptement demandé si elle venait de Tallahassee, Florida.  Elle était attentive mais n'avait pas l'air de comprendre, alors j'ai continué à répéter la question, à chaque fois plus clairement.  C'était pendant cet instant qu'un jeune homme, que j'avais passé avant de voir la fille, a apparu et demandé ce qui se passait, comme s'il voulait la protéger.  J'ai vite compris qu'ils étaient dans la même compagnie, qui incluait aussi une dame âgée avec laquelle j'avais vu le jeune homme plus tôt.  Soudainement gêné, j'ai rapidement pris congé sans oser proposer à la fille qu'on prenne un verre, la laissant expliquer au mec ce qui venait de se dérouler.

Toujours sur la Promenade plantée, j'ai abordé un monsieur pour savoir s'il venait d'Atlanta, Georgia.  Il a répondu que non, mais il était curieux.  "Qu'est-ce que vous voulez ?", a-t-il demandé.  Quand je lui ai dit que je m'ennuyais tout simplement, il a souri.

3. Viaduc des Arts
Le viaduc des Arts est un ensemble d'ateliers des métiers d'art regroupés dans une construction unique au long de l'avenue Daumesnil.  Son emplacement était anciennement occupé par l'ancien viaduc de Paris construit en 1859 pour soutenir la voie ferroviaire de la ligne de Vincennes.  C'était en 1990 que la mairie de Paris a décidé de réhabiliter le lieu en rénovant chacune des voûtes du viaduc afin de les transformer en nouveau conservatoire de l'artisanat d'art.


Les arts culinaires, quelqu'un ?

Je suis tombé sur un type accompagné d'une fille près d'un carrefour au long du viaduc des Arts.  Quand je lui ai demandé s'il était d'Indianapolis, Indiana, il a rétorqué : "Est-ce que j'ai l'air de venir d'Indianapolis ?"  J'ai répondu que j'essayais juste d'être créatif.  "Bien essayé !", a-t-il dit en retour, souriant.

4. Rue d'Aligre
La rue d'Aligre est une voie au coeur du quartier d'Aligre qui va de la rue de Charenton jusqu'à la rue du faubourg Saint-Antoine.  Dans cette rue se déroule tous les matins sauf le lundi le marché d'Aligre, avec dans son milieu, sur la place d'Aligre, le marché Beauvau, un marché couvert.

Le marché Beauvau sur la place d'Aligre



Rene Miller encore !

Au marché d'Aligre, je suis tombé sur Rene Miller, le musicien que j'avais vu jouer au marché Bastille quand je faisais l'opération 50 First States dans le 11ème arrondissement l'année dernière.  Il me semblait qu'il faisait une pause, et je suis allé parler avec lui.  Il m'a dit qu'il était américain, et je lui ai dit que je venais du New Jersey.  Puis la femme qui restait debout à côté de moi et qui avait dû écouter Rene jouer, a révélé qu'elle serait dans le New Jersey bientôt.  Soudain, j'étais en conversation avec elle.  Elle a dit qu'elle connaissait Rene et qu'elle venait d'arriver à Paris de Memphis, Tennessee, pour y passer quelques semaines.  J'ai découvert qu'elle était illustratrice et aussi un sketcher urbain, ce qui m'a rendu plus curieux.  Naturellement, je lui ai parlé de la communauté de sketcheurs urbains à Paris dont j'étais membre et je l'ai invitée à venir croquer avec nous lors d'une séance au jardin du Luxembourg qui avait lieu le lendemain et que j'organisais.  Elle a dit qu'elle y serait.  Quelle rencontre !

Il y a eu un autre bon moment au marché d'Aligre une fois que j'y ai repris l'opération là-bas le lendemain au matin.  D'une part, c'était remarquable parce que la fille que j'avais passée en me faufilant à travers la foule portait une très jolie robe d'été blanche.  D'autre part, ce n'était pas remarquable parce que je n'avais rien fait, si ce n'était la regarder s'éloginer.

Il y avait un couple de jeunes sur lequel je suis tombé dans la rue du faubourg Saint-Antoine, après avoir quitté le marché.  Ils avaient tous les deux l'air drogués et mon échange avec eux était bizarre.  La fille s'est comportée comme si elle voulait m'aider quand j'ai demandé au mec s'il était de Jackson, Mississippi, alors que le celui-ci voulait qu'ils reprennent leur chemin.  Ils ne pouvaient pas se décider entre eux, tout en continuant leur interaction avec moi (en quelque sorte).  Toute la rencontre était bordelique.  Même ma remarque "J'essaie de changer le monde" est tombée sur des oreilles sourdes.

5. Opéra Bastille
L'opéra de la Bastille, appelé plus couramment Opéra Bastille, est une salle d'opéra moderne située sur la place de la Bastille.  Inauguré le 13 juillet 1989 à la veille du bicentenaire de la prise de la Bastille, il est devenu l'une des deux salles principales utilisées par l'Opéra national de Paris, l'autre étant le plus vieil Opéra Garnier.  Beaucoup d'opéras y sont joués, ainsi que des ballets et des concerts symphoniques.



J'attendais de traverser la rue pour aller de l'opéra Bastille à l'autre bout de la place de la Bastille quand une fille m'a rejoint.  Sautant sur l'occasion, je lui ai demandé si elle était de Lincoln, Nebraska.  Elle a répondu que non et se mettant à sourire, elle a traversé la rue (le feu était déjà vert) et puis disparu.  Soit elle marchait trop vite pour que je puisse l'inviter à prendre un verre, soit j'étais trop lent à poser la question.  A vous de décider.  En lamentant une occasion ratée qui était pourtant belle au début, je suis tombé à nouveau sur la fille sur le quai du port de l'Arsenal quelque temps plus tard.  C'était comme si on m'avait accordé une seconde chance, et celle-ci, je ne l'ai pas gâchée.  En réponse, elle a gloussé et m'a passé sans prononcer le moindre mot.  Elle a probablement pensé que je n'étais pas sérieux.  Tant pis pour elle.

6. Bassin de l'Arsenal
Le bassin de l'Arsenal, également appelé le port de l'Arsenal, est un bassin qui relie le canal Saint-Martin à la Seine, entre le quai de la Rapée et la place de la Bastille.  Creusé suite à la destruction de la Bastille pendant la Révolution française, il était conçu pour remplacer le fossé qui remplissait les douves de la forteresse en eau de la Seine.  Durant le XIXe siècle et une grande partie du XXe siècle, le bassin est devenu un important port commercial, facilitant le chargement et le déchargement des marchandises.  Il a été transformé en port de plaisance en 1983 et dispose de 180 postes d'amarrage environ.

Le port au-delà du quai de la station de métro Bastille


Vers le nord : Place de la Bastille

Vers le sud : Quai de la Rapée

Lors d'une balade sur le quai du port de l'Arsenal, j'ai remarqué un bateau.  En fait, c'était la blonde sur une plate-forme surélevée sur le bateau que j'ai remarquée.  Par rapport aux autres opportunités, celle-ci était suffisament inhabituelle pour ne pas laisser tomber.  D'ailleurs, il me restait une fille à aborder avant de terminer l'opération pour ce jour-là.  Alors je lui ai crié "Hi !" je ne m'étais pas rendu compte que je pouvais crier et elle a dit "Hi !" en retour.  Je lui ai demandé si elle était de Concord, New Hampshire et elle a dit que non.  Quand je lui ai demandé si elle aimerait prendre un verre avec moi, elle a dit "Non, merci" et elle est aussitôt rentrée dans le bateau à travers la porte derrière elle.  Je n'ai rien pu faire d'autre que de reprendre ma balade.  Quelques moments après, je me suis retourné et j'ai vu la fille débarquer du bateau avec un homme.  Je me suis retourné à nouveau quelques secondes plus tard et ils marchaient ensemble, main dans la main, sur le quai vers la place de la Bastille, loin de moi.

Ma dernière rencontre au port de l'Arsenal était avec un homme un peu âgé assis confortablement sur la pelouse du jardin qui bordait le quai.  Avec un accent américain parfait, il m'a dit qu'elle était d'une certaine ville de l'Ohio.  Puis, il a demandé : "Pourquoi demandez-vous [si je viens de Trenton, New Jersey] ?"  J'ai répondu que j'essayais de changer le monde, à quoi il a répondu, "Bonne chance".

7. Palais Omnisports de Paris-Bercy
Le Palais omnisports de Paris-Bercy (POPB), également désigné par l'abréviation Paris-Bercy voire simplement Bercy, est une salle polyvalente qui accueille des manifestations sportives et des concerts.  Facilement reconnaissable à l'extérieur par sa forme pyramidale et ses parois recouverts de pelouse en pente, il permet une série d'applications techniques sans limite pour la sonorisation, les éclairages et les effets spéciaux.  Le POPB est le site du tournoi de tennis Masters de Paris, ainsi que celui de compétitions dans d'autres sports comme le handball, le basketball, la boxe, la gymnastique, l'athlétisme, le cyclisme sur piste et le saut d'obstacles.  Il peut accueillir de 3.500 à 17.000 spectateurs assis, selon l'évènement.

Quand le POPB devient Bercy Arena


En tournant à droite du boulevard de Bercy dans la rue de Bercy, dans le coin du Palais omnisports de Paris-Bercy, j'ai vu deux filles attendant debout avec des valises et bavardant.  Dans un anglais avec un accent indéniablement britannique, elles ont révélé qu'elles n'étaient pas de Santa Fe, New Mexico et ont décliné mon invitation à prendre un verre, disant qu'elles devaient aller quelque part.  L'une d'entre elles m'a puis demandé les raisons pour mes actes, et je lui ai dit que j'essayais de vaincre ma timidité.  Instantanément, les deux filles ont déclaré que je n'étais pas timide, ce que j'ai trouvé flatteur.  Elles ont continué à affirmer que je n'étais pas timide, et quand je n'en pouvais plus, j'ai dit "mais vous ne me voyez pas tout le temps."  Une conversation brève et plus conventionnelle a suivi.  L'une des filles a aperçu la feuille de papier fixée sur une planche plastique que je portais et a demandé à la voir.  J'ai commencé à la présenter, disant que c'était une liste des capitales des 50 Etats unis, avant d'être interrompu par leur départ après l'arrivée d'une troisième fille.  A nouveau tout seul, je me suis mis à me demander.  Dans la rue, le bruit court que je ne suis peut-être pas timide après tout.  Quelle idée.

8. Parc de Bercy
Le parc de Bercy est un espace vert qui longe la rive droite de la Seine.  Inauguré en 1994 sur le site des anciens entrepôts de Bercy, le parc s'étend sur 13,9 hectares et est composé de trois jardins différents, chacun sur un thème distinct : "les Prairies", formé de grandes espaces de pelouses ombragées par de grandes arbres, "les Parterres", consacré aux activités du travail des plantes et "le Jardin romantique", qui comprend des bassins où vivent des poissons et des reconstitutions de dunes.

Les Prairies


Les Parterres



Passant au Jardin romantique

Le Jardin romantique


La Grande Terrasse


Peu après être arrivé dans le parc de Bercy, j'ai abordé un homme peut-être sexagénaire alors qu'il faisait une pause lors de son entraînement.  Quand je lui a demandé s'il venait de Bismarck, North Dakota, il a point un doigt vers le sol et a dit, avec un léger sourire : "Je suis de là".

J'ai eu une rencontre intéressante avec un jeune homme bien sapé avec une fille à ses côtés, à l'extrêmité du parc près de la cour Saint-Emilion.  Quand je lui ai demandé s'il venait de Harrisburg, Pennsylvania, il a dit oui et continué à dire oui même si j'avais commencé à mettre l'accent sur "Pennsylvania".  Etonné après une énième oui, je n'avais pas d'autre choix que d'aller plus loin dans la conversation, alors j'ai dit "Bien, je suis de Philad ..." avant qu'il m'interrompe.  "Pennsylvania ?  Non, je suis de Paris !"  Le bon jeune homme qu'il était, il m'a souhaité bonne chance.

Sur la passerelle Simone de Beauvoir, j'ai eu une rencontre assez étrange avec une femme.  Je voulais savoir si elle venait de Rhode Island, Providence, mais ça semblait difficile parce qu'elle repondait avec des mots à peine audibles.  Même si j'ai essayé de rendre ma question plus claire, à chaque fois je n'ai rien entendu en retour.  Quand j'étais sur le point de partir, la femme s'est laissé dire quelque chose de familier dans une voix bien moins inaudible qu'avant : "Au revoir".

9. Cour Saint-Emilion
La cour Saint-Emilion est une rue piétionne qui est coeur du Bercy Village, un centre commercial à l'extrêmité sud-est du parc de Bercy.  Elle tient son nom des vins de Saint-Emilion, un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit autour de la ville de Saint-Émilion, dans la région de Bordeaux.  Avec les 42 chais de pierre blanche qui la bordent, la rue est un vestige des entrepôts de Bercy où s'est tenu un important marché vinicole pendant plus d'un siècle.  Aujourd'hui, c'est un centre commercial qui comprend des boutiques, des restaurants, un multiplex, entre autres.

Bonjour la cour Saint-Emilion




Au revoir la cour Saint-Emilion

L'une de mes rencontres les plus intéressantes de tous les temps a eu lieu sur la cour Saint-Emilion.  J'ai vu deux filles, toutes jolies, et j'en ai abordé une pour savoir si elle venait de Montpellier, Vermont.  Ce qui a suivi, je ne m'y attendais pas.  En réponse à la question que j'ai posée sur ses origines, elle a demandé ce que je faisais et pourquoi je le faisais.  Je ne me souviens plus si je lui ai donné la raison déjà préparée ("J'essaie d'arrêter de penser à ce que les autres pensent de moi").  En tout cas, je lui ai présenté la liste des capitales des Etats américains et expliqué brièvement comment je m'en servais, après quoi elle a affirmé que je me rendais captif en traînant dans la rue pour poser mes questions à des inconnus.  Je me suis mis à me défendre, disant que je ne faisais que créer des interactions potentiellement intéressantes.  Quand elle m'a demandé pourquoi c'était elle que j'avais arrêtée, j'ai avoué que c'était parce qu'elle était jolie.  J'ai eu l'impression que cette révélation ne lui avait pas plu, surtout quand j'ai redit au passage qu'elle était jolie, alors j'ai cessé d'utiliser le mot.  A un moment lors de notre conversation, elle m'a dit que Dieu m'aimait (et me le redirait plusieurs fois).  C'était étonnant et plutôt amusant.  Elle m'a parlé de l'église à laquelle elle allait et m'a demandé si je la connaissais.  "Hillsong ?", ai-je répété après elle.  "Oui, je la connais, j'y suis déjà allé en fait."  Apparemment contente de cette découverte, elle a insisté pour que j'assiste au service du lendemain (un dimanche), peu importe le nombre de fois que je lui ai dit que j'avais d'autres plans et que je n'allais guère à l'église.  La pression qu'elle montait était plutôt lourde ; il me semblait qu'elle n'écoutait rien de ce que je disais.  Juste pour qu'elle arrête, je lui ai dit que j'y essayerais d'y aller si je pouvais.  A un moment, elle a fait référence à sa copine, qui, à une certaine distance, n'était rien qu'une spectatrice pendant cet évènement.  Venant d'apprendre comment s'appelait sa copine, j'ai demandé à mon interlocutrice son propre nom.  Elle a répondu "Fille de Dieu".  Nous avions parlé quelques minutes et après quelque temps, elle a commencé à prendre les choses moins au sérieux.  Elle avait peut-être compris que ce qui venait de se passer était une interaction censée être amicale même si un peu particulière.  Elle a insisté une dernière fois pour que je vienne à Hillsong le lendemain, et elle est partie souriante avec sa copine.  J'ai éprouvé un certain soulagement, même si c'était une expérience marrante.  Il va sans dire que je n'ai pas réçu un oui en réponse à mon invitation à prendre un verre.

Avant de quitter la cour Saint-Emilion, j'ai abordé une fille pour lui demander si elle venait d'Olympia, Washington.  Au même moment où elle a demandé les raisons pour la question, après avoir indiqué qu'elle ne venait pas de là-bas, je lui ai demandé si elle voulait prendre un verre.  Très suave.  Je me demande si cet comportement brusque de ma part était influencé par la présence de l'agent de sécurité tout près.

10. Place Félix Eboué
La place Félix Eboué est une place située à l'ancien emplacement de la barrière de Reuilly, l'une des barrières d'octroi au long de l'enceinte construite autour de Paris vers la fin du 18ème siècle.  Anciennement appelée Place Daumesnil, elle porte son nom actuel depuis 1947 en hommage à l'administrateur colonial et homme politique français Félix Eboué (1884-1944), qui était l'un des tous premiers à se rallier à la France libre du général Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.  Au centre de la place est installée la fontaine du Château d'eau, un grand bassin circulaire surmonté de trois bassins et orné de huits lions crachant des jets d'eau.


J'ai rencontré une fille pendant que je traversais la rue sur la place Félix Eboué.  Non, nous n'étions pas dans le passage piéton, mais sur la petite plate-forme au milieu.  Quand je lui ai demandé si elle venait de Madison, Wisconsin, elle a dit qu'il y avait peu de chances que je tomberais sur quelqu'un de Madison dans les environs.  J'ai noté sa remarque et puis lui ai demandé si elle voulait prendre un verre avec moi.  Elle a dit non et elle est allée traverser le reste de la rue, marchant assez brusquement.

Voici d'autres scènes intéressantes vues lors des promenades :

Le jardin Hector Malot, accessible depuis la Promenade plantée

La rue du faubourg Saint-Antoine en direction de la place de la Bastille

Le Barrio latino, une programmation salsa assurée le dimanche

Où rollers et skateurs se retrouvent sur la place de la Bastille

Regardez, c'est la Maison de la RATP !

La Cinémathèque Française en cachette

Passerelle Simone de Beauvoir vers le 13ème arrondissement

Passerelle Simone de Beauvoir vers le 12ème arrondissement

Quand la ligne 6 du métro traverse la Seine

Jardinière Avenue Daumesnil