mardi 23 décembre 2014

courage, courage, courage

J'en suis venu à croire que beaucoup de problèmes personnels pourraient être résolus une fois pour toutes seulement si on possédait un trait en particulier.  Ce trait, c'est le courage.

Rendez-vous compte de la magnificence de cette nouvelle ?  Enfin, certains d'entre nous nous efforçons de trouver ce que nous devrions faire de nos vies, et voilà une réponse.  Cette seule chose.  Avoir du courage.  Bon, connaître cette nouvelle ne résoudra pas les problèmes, mais savoir quoi faire dans une situation délicate fait certainement une partie importante du travail qui amène à la solution.

Tant de fois dans ma vie, ce qui a fait la plus grande différence entre une situation peu satisfaisante et une situation satisfaisante, c'était le courage.  Je trouve que c'est aussi simple que dire "si j'ai du courage, je gagne."  C'est comme les deux équations suivantes :

avoir du courage = décrocher la victoire

ne pas avoir de courage = ne pas décrocher la victoire

Le courage prend le dessus sur d'autres qualités

Quand il s'agit de réaliser des choses, je pense que le courage est tout aussi important que d'autres qualités très recherchées, si pas plus.  Parmi ces qualités figurent la discipline, la sagesse, l'optimisme, la curiosité.  En effet, il y en a beaucoup d'autres et elles ont chacune leur juste place, mais je pense que le courage en est une qui est presque toujours nécessaire.  Prenez la vertu de la discipline pour commencer.  C'est bien d'avoir de la discipline, mais il faut en général du courage pour retenir cette discipline quand les choses se corsent.  Et dans une vie qui vaut la peine d'être vécue, les choses vont presque toujours se corser à un moment.  La sagesse, aussi, est d'une grande valeur.  Mais sans le courage de l'appliquer face à une situation difficile, la sagesse finit par prendre un coup malheureux.  C'est comme une idée qui ne voit pas le jour, ou une "non-idée".  L'optimisme est lui aussi encore une autre qualité désirable.  Mais pour une personne qui est habituellement disposée au pessimisme mais qui est quand même déterminée à changer cela pour de bon, il faut une dose régulière de courage pour réaliser les actions qui mènent à un point de vue optimiste.  C'est comme le fait de remplacer une habitude quotidienne par une autre.  Les habitudes étant enracinées en nous, elles sont faciles à conserver.  Les changer, c'est forcément difficile, et pour surmonter une telle difficulté, nous avons besoin de courage.  Et puis il y a la curiosité, qui peut enrichir la vie pour toute personne qui la possède.  Mais afin d'apprendre de nouvelles choses et de vivre de nouvelles expériences, on doit aller au-delà de sa zone de confort ou de ce qu'on connaît déjà, ce qui peut nécessiter du courage.  Aussi dignes d'attention sont des traits comme la force, la persévérance et la résilience.  Vous pouvez affirmer ou infirmer des similarités parmi ces traits, mais il semblerait fort impossible de discuter de chacun d'entre eux sans reconnaître la pertinence du courage.

Même les sujets populaires comme la confiance en soi, l'estime de soi et le respect de soi sont tous en rapport avec le courage.

Mieux connaître le courage

Etant donné l'imprévisibilité de la vie, il est inévitable que nous soyons confrontés à la question du courage à différents moments au cours de nos vies, que ce soit à 15, à 30 ou à 60 ans.  Certaines personnes y sont face même tous les jours.  Je sais que je figure parmi ces personnes.  En fait, je suis appelé à avoir du courage plusieurs fois pendant la journée.  Si nous étions tous d'accord que la question du courage se pose fréquemment tout au long de nos vies, ne serait-il pas utile de l'étudier davantage et d'en avoir plus conscience, simplement pour savoir combien de bénéfices nous pourrions réaliser en en ayant plus ?

L'avis de quelques autres personnes (mieux placés) sur la question du courage

Alors, tout cela n'est que mon opinion.  Que pensent les autres sur le sujet du courage ?

Mihaly Csikszentmihalyi, professeur de psychologie et fondateur et co-directeur de la Quality of Life Research Center à la Claremont Graduate University, note dans son livre phare Flow (Edition française : Vivre) que le courage et la capacité de surmonter les épreuves sont les raisons pourquoi les gens ordinaires admirent les individus qu'ils admirent le plus.  Il affirme même que le simple acte d'admirer le courage est un trait positif en soi.  Citant le philosophe stoïcien Sénèque, il écrit : "Les bonnes choses qui relèvent de la prospérité sont désirées, mais les bonnes choses qui proviennent de l'adversité sont admirées."

Martin Seligman, professeur de psychologie à l'université de Pennsylvanie et ancien président de la Société américaine de psychologie (American Psychological Association), écrit dans son Positive Psychology Chapter, préparé pour le Handbook of Positive Psychology, que "nous avons découvert qu'il existe un ensemble de forces humaines qui constituent les meilleures défenses contre la maladie mentale : le courage, l'anticipation du futur, l'optimisme, les compétences relationnelles, la foi, l'éthique de travail, l'espoir, l'honnêteté, la persévérance, la capacité pour le flow et pour la perspicacité, à en citer plusieurs."  Comme nommé le premier dans cette liste, le courage peut sûrement être considéré comme une qualité importante à avoir dans la vie, surtout dans les périodes d'adversité.

Définir le courage

Mais qu'est-ce que cette chose appelée courage dont nous avons discuté jusqu'ici ?

Voilà la définition du terme selon le site Web de TV5 (et une que j'adore vraiment) :


"Force de caractère qui fait supporter la souffrance ou braver le danger."  Ce qui est moins marquant dans cette définition, c'est l'idée que la souffrance ou le danger sont des conditions préalables au courage.  Autrement dit, la force de caractère, c'est génial en soi, mais sans accompagnée du risque de souffrance ni de celui de danger, on ne peut pas parler de courage.

Avec tout le respect que je dois à cette définition de dictionnaire, j'aime parfois simplifier les choses en disant qu'une personne a du courage quand elle fait quelque chose de différent de l'habitude qui lui pose un risque émotionnel.  Autrement dit, elle fait quelque chose qui la rend vulnérable sur le plan émotionnel.  A moins que nous sommes tous des robots programmés à agir toujours de la même façon dans un circonstance donné, nous pouvons comprendre que nous sommes généralement capables de choisir un plan d'action différent de celui qui est habituel, même si ce plan nous met face à la peine, réelle ou imaginée.  Par exemple, la plupart des passagers du métro de Paris ne disent pas bonjour à la personne qui se trouve assise ou débout à côté d'eux, même s'ils sont techniquement capables de dire bonjour, même s'ils ont déjà parlé à des inconnus maintes fois avant.  En fait, presque rien n'est dit dans le métro, si ce n'est le cas des gens qui se connaissent déjà, celui des gens qui sont au téléphone avec quelqu'un de loin, ou celui des gens qui sollicitent de l'argent ou d'autres faveurs des passagers.  Ce serait donc courageux d'adresser la parole à quelqu'un dans un tel environnement, mais seulement si cela posait un risque émotionnel à la personne qui le faisait.  Par contre, pour une personne qui avait confiance en elle dans les rapports sociaux, dire bonjour à quasiment n'importe qui et quasiment n'importe où serait d'une seconde nature, et pas forcément courageux.

Imaginez.

Si nous avions plus de courage, nous n'aurions plus besoin de prêter trop d'attention aux apparences que nous donnons aux autres.  Plutôt, nous nous focaliserions sur ce que nous trouvons uniques et précieux en nous-mêmes.  En ce faisant, notre estime de soi et notre respect de soi augmenteraient.

Si nous avions plus de courage, nous n'aurions plus besoin d'accumuler des produits qui nous promettent la belle vie.  Plutôt, nous nous focaliserions sur la création de quelque chose de bénéfique à partir des circonstances dans lesquels nous nous trouvons.  En ce faisant, notre confiance en soi et notre sens de l'initiative augmenteraient.

Si nous avions plus de courage, nous n'aurions plus besoin de dépendre de la vie des autres, célèbres ou pas, pour notre propre plaisir.  Plutôt, nous nous rappellerions que nous sommes des sources naturelles de joie, et nous nous focaliserions sur le partage de cette richesse qui nous a toujours appartenu avec les autres.  En ce faisant, notre vie aurait un sens plus fort et notre bien-être global augmenteraient.

Montrer du courage, c'est en avoir

Plutôt que parler du fait d'avoir du courage, je pense qu'il est plus approprié de parler du fait de montrer du courage.  Après tout, dire à quelqu'un d'avoir du courage n'est pas très clair.  Sérieusement, comment vous mettez-vous à avoir quelque chose d'aussi abstrait que le courage ?  Je ne sais pas vraiment, alors je suggère l'idée de montrer du courage.  Montrer consiste à faire des actions qui sont clairement perçues par les sens.  Par exemple, quitter le cercle d'amis pour aller parler avec un inconnu lors d'un concert.  Révéler des nouvelles inquiétantes mais importantes à ses parents.  Tenter un baiser lors d'un premier rendez-vous amoureux avec une inconnue.  Celles-ci ne sont que quelques démonstrations de courage, pourvu qu'on s'expose à un risque émotionnel en faisant l'action.  Et il se trouve que lorsque qu'on montre du courage en action, il est indiscutable qu'on en a.

Le courage est mieux accompagné de sens

Je ne sais pas pour toi, mais j'ai juste envie de faire plus de choses qui me donnent précisément l'opportunité de montrer du courage.  Même si j'échoue à maintes reprises.  Même si je ne fais rien au final.  En d'autres termes, plus je trouve qu'une action donnée fait preuve de courage par rapport à d'autres dans une situation donnée, plus je m'intéresse à réaliser cette action.  Comme on dit, "il faut souffrir pour être belle."  Cela dit, montrer du courage en soi, quoique admirable, ne va pas très loin.  Je pense que ça vaut plus la peine en faisant des choses qui ont un sens.  Par exemple, il y avait quelques années, je faisais des efforts pour nager plus longuement et plus rapidement dans la piscine et je faisais d'autres efforts pour aborder des inconnus dans la rue.  Les deux activités représentaient un risque émotionnel pour moi et donc étaient des opportunités de montrer du courage.  En plus, je trouvais un sens personnel dans les deux activités.  Après les avoir poursuivies ensemble pendant une période, j'ai découvert que j'éprouvais de la joie et de la satisfaction plus souvent avec mes exploits dans la rue qu'avec ceux dans la piscine.  A partir de ce constat, j'ai conclu que battre des records personnels en nageant avait moins de sens pour moi ‒ à l'époque ‒ que de m'efforcer de mieux communiquer avec des inconnus.  Alors, vu les nombreuses opportunités de montrer du courage qui existent dans la piscine, dans la rue, ou vraiment presque n'importe où, je pense qu'il est très utile d'avoir une sorte de filtre qui permet de choisir celles ‒ quand le choix est là ‒ qui apportent le plus de satisfaction personnelle.

Nous avons un choix à faire

Avec un certain sentiment de culpabilité, je dois dire que tout discours au sujet du courage dans notre société, y compris cet article même, n'aurait pas besoin d'être si nous ne reculions jamais devant la possibilité de souffrance ou de danger en poursuivant nos buts et nos désirs.  Mais c'est trop tard maintenant.  Beaucoup d'entre nous faisons tout pour éviter la douleur, alors la notion du courage doit exister.  En même temps, certains d'entre nous nous contentons d'admirer ceux qui montrent systématiquement du courage comme si c'était une qualité innée que possédait seule une minorité de personnes.  Quel que soit le point où nous nous situons sur le chemin de la vie, nous pouvons toujours faire un choix sur le sujet dans l'intérêt de notre satisfaction personnelle.  Le choix est celui entre accepter d'éviter le risque de souffrance et de danger et nous efforcer d'être aussi courageux que nous avons besoin de l'être.


We have discovered that there are human strengths that act as buffers against mental illness: courage, future-mindedness, optimism, interpersonal skill, faith, work ethic, hope, honesty, perseverance, the capacity for flow and insight, to name several. Much of the task of prevention in this new century will be to create a science of human strength whose mission will be to understand and learn how to foster these virtues in young people.

Nous avons découvert qu'il existe un ensemble de forces humaines qui constituent les meilleures défenses contre la maladie mentale : le courage, l'anticipation du futur, l'optimisme, les compétences relationnelles, la foi, l'éthique de travail, l'espoir, l'honnêteté, la persévérance, la capacité pour le flow et pour la perspicacité, à en citer plusieurs.  La plus grande partie de la tâche de prévention dans ce nouveau siècle sera de créer une science de la force humaine dont la mission sera de comprendre et d'apprendre à promouvoir ces vertus chez les jeunes.

‒ Martin Seligman

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