lundi 29 avril 2013

l'énergie est toujours là

Oui, elle y est.  Toujours.  Comment n'est-ce pas possible ?

La seule question à se poser est celle de savoir ce qu'on va en faire.

On est toujours en train de dépenser de l'énergie.  Depuis le moment où on se réveille jusqu'au moment où on s'endorme, chaque seconde écoulée dans le temps consomme une unité de cette énergie que nous possédons chacun.  Quelle que soit l'action que nous réalisons – réfléchir, parler, voir, rêver, hésiter, ou même être déprimé – ça nous prend de l'énergie, que nous en ayons conscience ou non.

Posséder cette énergie est aussi humain que la capacité à réspirer.  C'est une énergie qui nous appartient par défaut ; ce n'est pas comme si on peut dire, "Ben, tu peux revenir plus tard, Madame Energie ?  Tu es vraiment sublime et tout, mais en ce moment je suis fatigué et je ne suis absolument pas prêt à me servir de toi."  Au pire, ça correspondrait simplement au fait de dépenser son énergie en retardant quelque chose d'important, donc, en fin de compte, on ne serait pas vraiment fatigué.  Puis-je oser dire jamais ?

Maintenant que nous sommes tous d'accord que cette énergie nous appartiendra sans condition jusqu'à nos derniers jours (de même pour la capacité à réspirer), pourquoi ne pas en prendre le contrôle et en profiter pour faire ce que nous voulons vraiment faire ?

"We create ourselves by how we invest this energy. Memories, thoughts, and feelings are all shaped by how we use it.  And it is an energy under our control, to do with as we please." -- Mihaly Csikszentmihalyi, "Flow"

"Il est donc exact d'affirmer que nous nous créeons nous-mêmes en investissant cette énergie.  Souvenirs, pensées et sentiments sont tous formés par la façon nous nous en servons.  Et c'est une énergie sous notre contrôle, à utiliser comme nous le souhaitons." -- Mihaly Csikszentmihalyi, "Flow"

mardi 23 avril 2013

come alive time

(le moment de devenir vivant)

J'ai passé le week-end dernier en Champagne-Ardenne avec le groupe de Meetup "Franco-Américains à Paris".  Environ 25 d'entre nous sommes venus dans cette région pour une visite qui comprenait des dégustations de champagne, des promenades à vélo dans les vignes, un dîner dans un restaurant local, et une soirée jusqu'au petit matin.




Après s'être arrêté devant deux maisons de champagne sur la route en provenance de Paris, notre autocar est arrivé à Reims, où nous avons passé presque toute la journée de samedi.  Nous nous sommes enregistrés dans notre hôtel avant de nous réunir pour aller participer à une visite guidée de la célèbre cathédrale Notre-Dame.  Après, nous avons passé notre temps libre avant les festivités du soir à explorer le centre-ville, à nous reposer ou à faire toute autre chose.




J'ai loupé l'apéritif avec les autres mais je les ai rejoints plus tard pour le dîner.  Celui-ci était magnifique – j'ai découvert la pintade !  J'en suis tombé immédiatement amoureux.  Après, nous sommes allés au Cuba, un bar/discothèque dans le quartier pour bien démarrer la fête.




Il y avait beaucoup de monde au Cuba et la musique était géniale.  Du hip-hop populaire avec quelques chansons de pop de temps en temps – c'était juste ce sur quoi j'aimais danser.  Pourtant, je me suis retrouvé coincé peu après l'arrivée dans le bar.  Trop de réflexion ?  Peut-être.  Au lieu de m'immerger dans la bonne ambiance et de m'y exprimer librement, ce que j'aurais bien aimé faire, je me suis bloqué, comme j’étais mal à l’aise.  En compagnie des gens de notre groupe dont je connaissais à peine la plupart, mais surtout dans la plus grande foule autour de nous.  J’avais le corps rigide, des pas de danse simples, un visage peu expressif, une voix quasiment inexistante, un regard constamment fixé sur les gens autour de moi.  Je me contentais d’admirer les quelques personnes qui avaient pu entrer dans la danse, voire se mettre sur les tables.  Voilà le rôle dans lequel je me confine habituellement quand je suis dans une boîte de nuit.  Rares ont été les fois où j'ai réussi à m'ouvrir dans un tel environnement.  Sinon, c'est un malaise qui me gagne la plupart du temps.  Peut-être que celui-ci est d'un faible degré en absolu, mais ayant conscience des possibilités de s'amuser dans des lieux pareils, j'éprouve de la gêne.  Ce qui est drôle, c'est que j'avais imaginé l'opération Body Rock dans le but d'être capable de transformer cette gêne chronique en quelque chose qui ressemblait au confort, mais qui serait en vérité plus proche de la joie.  Cependant, plusieurs mois après sa conception, l'opération n’a toujours pas décollé.  Et samedi soir ne serait pas le moment pour cela, et le Cuba ne serait pas le lieu.

J'ai commencé à considérer la possibilité d'écourter la soirée (déjà) en rentrant à l'hôtel.  Quelques personnes ont finalement suivi ce plan d'action.  Néanmoins, j'espérais me sentir plus à l'aise dans l'endroit où on allait après, une boîte de karaoké.  En attendant, les choses empiraient au Cuba, et j'ai commencé à m'inquiéter de l'attitude que je dégageais envers les membres de Meetup autour de moi.  C'était horrible – j'ai eu sentiment de "comment me suis-je retrouvé encore là ?" – mais je suis parvenu à garder la destruction à l'intérieur.  Au moins, j'ai pu me féliciter de rester suffisamment calme.

Je me suis senti rafraîchi une fois que nous sommes arrivés au Curtayn Club, situé au coin de la rue.  L'endroit avait deux étages.  Au rez-de-chaussée, il y avait un bar avec une scène de karaoké à côté qui était entourée de tables et de canapés à disposition du public.  Au sous-sol, il y avait une ambiance boîte de nuit.  Nous nous sommes installés au fond du rez-de-chaussée à côté de la scène, et la plupart des filles de notre groupe – huit environ – ont rapidement mis la main sur le catalogue des chansons et commencé à chercher quels morceaux chanter et à discuter comment elles aimeraient les chanter.

Je suis resté à côté de cette scène mouvementée avec d'autres membres de Meetup.  Nous, on ne s'embêtait pas trop ; plus que tout, on était tranquilles.  Pendant ce temps, je me sentais détendu.  Mais j'étais aussi déçu de l'attitude que j'avais au Cuba.  Je savais que je pourrais mieux faire, mieux être.  Mais avant tout, je me demandais si j'allais chanter sur scène.  J'ai eu du mal à me décider.  Je ne savais pas si je voulais m'exposer dans un lieu inconnu en face des personnes inconnues.  En même temps, j'avais toujours considéré le karaoké comme une activité cathartique, et je voulais me donner une nouvelle chance, me manifester.  Mais j'ai hésité, pas encore prêt à prendre une décision.  Les filles, par contre, sont montées sur scène à deux reprises , la première pour "Barbie Girl", l'autre pour "Human Nature" de Madonna.  Elles ont hurlé, dansé et presque tout fait pour créer une scène de folie.  C'était hilarant, et j'ai pensé que c’était un excellent complément aux reprises en français sans intérêt que faisaient d'autres personnes.

Finalement, je me suis décidé – le temps manquait et il a fallu agir vite.  Je me suis emparé du catalogue et je l'ai parcouru.  J'ai fini par réduire mes choix à deux de mes chansons préférées : "Redemption Song" de Bob Marley et "Lose Yourself" d'Eminem.  J'ai opté pour la seconde, même si je craignais d'être capable de prononcer tout le texte, car une fois le rap commencé, Eminem a enchaîné sans relâche jusqu'à la fin du morceau.  On parle de quatre minutes de rap continu !  Y compris le refrain !  J'ai décidé quand même de relever le défi, tout en me disant que ça allait apporter de l'air frais si pas du choc au public (je doutais que certains d'entre eux aient imaginé voir et entendre un Noir faire du rap en anglais ce soir-là).  En plus, j'étais plus rassuré car je connaissais la plupart des paroles.  Elles sont sans aucun doute certaines des plus habilement construites que j'aie jamais entendues.

Ma détermination a été quand même testée après que je me suis inscrit au karaoké.  Les huit filles qui ont allumé la scène plus tôt ont disparu.  Certaines sont descendues danser au sous-sol, d'autres sont rentrées à l'hôtel.  Il ne restait que quatre d'entre nous, et, oui, on était parmi les plus tranquilles du groupe.  Aucun d'entre eux n'avait l'intention de chanter.  En plus, la boîte se remplissait petit à petit.  Je me suis même demandé, "Il me faudrait combien d'inconnus pour me regarder ?"  Et aussi, le DJ n'arrêtait pas à reporter mon tour.  Après avoir été contraint d'attendre une demi-heure, je suis allé lui rendre visite.  Il m'a expliqué qu'il y avait sept chansons avant que je passe.  Impossible !  Je l'ai embêté jusqu'à ce qu'il concède, en me disant que j'irais après le chanteur suivant.  Sauf qu’après le chanteur suivant, il a appelé quelqu'un d'autre à venir sur scène.  Alors, je suis retourné le voir, cette fois-ci avec Phlippe, l'organisateur du week-end Meetup.  Et le DJ nous a dit qu'il restait quatre chansons avant mon tour.  Ridicule !  Enervé, Philippe lui a adressé quelques mots peu tendres, jusqu'à ce qu'il nous accorde la place suivante.  Convaincu plus que jamais que j'allais passer le suivant, je suis parti faire une préparation mentale rapide.  Je suis retourné aux toilettes encore une fois – j'y étais déjà passé trois fois toutes les deux chansons précédentes, d'une part pour me calmer les nerfs, d'autre part parce qu'il fallait vraiment que j'y aille !

De retour dans la salle bien remplie, j'ai entendu appeler mon nom depuis la scène.  L'heure de vérité !  Alors, je suis monté sur scène, j'ai vérifié les microphones, j'ai assuré que je prenais le bon, et je me suis retourné pour faire face au public.  Aïe !  Je voyais beaucoup de gens, mais ils ne me regardaient pas tous.  En attendant désespérément que le rythme commence, j’ai essayé de surmonter mon trac en jetant des regards sur les autres membres de Meetup au fond de la salle.  J'étais toujours mal à l'aise, pourtant moins qu'avant.

Plus que tout, je me concentrais.  Une fois que les paroles ont apparu sur l’écran, je suis parti.  J'ai gardé le flow, même si j'avais commencé à avoir du mal au bout de 30 secondes.  En comparaison avec la voix qu'a utilisée Eminem sur le morceau, la mienne était plutôt faible.  Mais la musique était tellement puissante – comment ai-je pu oublier ? – que je me suis naturellement mis à remuer les mains, comme si j'étais un rappeur se produisant sur scène.  Convenablement, je me suis finalement perdu dans la musique, le moment.  Je n'ai eu de temps en temps qu'un petit espace en rappant pour faire un constat de la réaction du public.  Un bon nombre de personnes regardaient.  Les visages ne laissaient pas apparaître une certaine surprise.  J'ai trouvé ça marrant, mais je ne pouvais pas me laisser arrêter par cela parce que perdu dans la musique, le moment.  Près de la fin du morceau, j'ai sauté des lignes parce que j'avais du mal à reprendre mon souffle tout en essayant de suivre la cadence d'Eminem, dont le flow était rapide et très fluide.  J'ai adopté la stratégie d'écourter la prononciation de chaque ligne pour être prêt à bien prononcer la suivante, mais mes efforts étaient à peine réussis.  J'étais effectivement essoufflé ligne après ligne, et quelques personnes proches ont manifesté leur soutien.  C'était émouvant.  Il y avait même une jeune fille sur le bord de la scène qui imitait mes gestes et rappait le dernier refrain avec moi.  Qui sait, elle aurait pu être mon hype woman !

Le public m'a applaudi une fois que j'ai fini, mais comme j'étais trop ravi, je n'ai pas pu vraiment apprécier leur geste.  Le DJ lui m'a félicité quand je lui ai rendu le microphone.  Je me suis senti soulagé.  Et bien.  L'attitude que j'avais plus tôt dans la soirée était du passé.  Je me sentais (plus) vivant .  J'ai rejoint les gens de Meetup qui avaient sacrifié leur temps pour me regarder rapper, et nous sommes ensuite descendus au sous-sol pour danser.  Là, la musique était correcte, et je suis entré dans la danse avec moins d'hésitation qu'avant.

Ce n'était que plus tard que je me suis rendu compte que le thème de "Lose Yourself", surtout l'introduction de la chanson, coïncidait avec mon expérience de la soirée après dîner.  C'est-à-dire, tirer avantage d'une unique opportunité désirable en s'en imprégnant complètement.  Ce qui est le contraire de mon expérience typique en boîte de nuit.  Généralement, quand je suis dans une boîte, et surtout sur la piste, je passe beaucoup de temps à essayer de déterminer ce que je devrais faire et ne pas faire et comment je devrais me comporter et ne pas me comporter, au lieu de faire ce qui me rend plein de vie.

Don’t ask yourself what the world needs; ask yourself what makes you come alive. And then go and do that. Because what the world needs is people who have come alive. – Howard Thurman

Ne te demandes pas ce dont le monde a besoin. Demande-toi ce qui te rend plein de vie et ne fais que cela.  Car ce dont le monde a besoin, ce sont des gens pleins de vie. – Howard Thurman


mardi 16 avril 2013

toutes les émotions sont belles


Sur tous les conseils que montre cette image, c'est celui-ci qui m'intrigue le plus : Toutes les émotions sont belles.

En fin de compte, les émotions ne sont ni belles ni moches.  Dire qu'elles sont belles n'est qu'un point de vue.  C'est pourtant un point de vue que je trouve intéressant, si pas optimiste.

Depuis quelque temps, je me suis mis à essayer de comprendre des émotions comme la peur, la coupabilité et la honte.  Je ne sais vraiment pas si elles sont belles, mais je trouve que ça fait du bien si on les accepte, voire les ressent de temps en temps.  Cela est probablement une voie de libération parmi tant d'autres.

En pratique, quand je provoque en moi des sentiments de peur, de coupabilité et de honte et leur accorde une place juste, je me retrouve souvent en conflit avec moi-même.  Mais tôt ou tard, le conflit se résout, et, la plupart du temps, je me sens un peu plus libre.

Et ça, c'est quelque chose de spécial.  Peut-être de beau aussi.

lundi 8 avril 2013

a corridor is a terrible thing to waste

(un couloir est une chose terrible à négliger)

Tu le penses, n'est-ce pas ?  Moi, oui.

Je viens de commencer une mission chez un nouveau client.  A l'étage où je travaille est un long couloir.  Tellement long que ça prendrait au moins une minute pour y marcher, de bout en bout.  Mon bureau est situé dans un open space à un bout du couloir.  Les toilettes sont tout près, mais pour arriver à la cuisine, qui abrite la machine servant café, thé, chocolat chaud, jus de tomate, etc., il faut prendre le couloir pour un temps qui me paraît comme une éternité.  Sur le chemin aller et celui du retour, il m'arrive souvent de passer une personne ou deux, et dans la plupart des cas, je ne la connais pas ou ne la reconnais pas.  D'habitude, on n'échange pas le moindre mot, même pas "Bonjour".  Le contact visuel ?  Rare.  Tout cela semblerait normal, puisqu'on ne devrait parler qu'aux gens qu'on connaît, semble-t-il.  Moi ?  Je trouve ça un peu étrange.

Alors, j'ai décidé d'inaugurer une opération intitulée "Infinite Corridor", en référence au couloir du même nom au MIT.  En gros, l'idée est d'interagir avec les passants.  Sans leur appliquer de filtre -- tant que je te croise sur le couloir, tu as droit à un échange surprise.  Une fois 10 personnes (ou groupes de personnes) sont abordées au cours de la journée, je peux arrêter pour célébrer mon exploit.  And ceci deux fois par semaine.  Après avoir surmonté la peur d'entreprendre une initiative et surtout de faire quelque chose de différent, Opération Infinite Corridor est aujourd'hui en cours.  Pour l'instant, je ne dis que "Bonjour" et prends plaisir à le faire.  Je tiens même un compteur mécanique pour tenir compte de mon progrès.  Comme j'adore appuyer sur le bouton de ce truc !

J'avoue avoir un peu peur de dire "Bonjour" aux groupes de plus de deux personnes, surtout si elles sont en train de rigoler ensemble.  Mais avec le temps, je compte y arriver.  En tout cas, je cherche plusieurs façons de développer l'interaction, surtout si elles m'aideront à être plus à l'aise en présence des autres et éventuellement à égayer des gens.  J'ai pensé à dire des choses hors contexte, comme "Hello", ou même "Hi", sans oublier de sourire.  Ou bien quelque chose comme "Alors que les open spaces et les salles de réunion attirent toute l'attention, j'essaie juste de redorer l'image du couloir comme un lieu où collègues, qu'ils se connaissent ou pas, peuvent s'amuser, même si ça ne dure qu'un moment, pour faire disparaître l'idée absurde que le travail n'est qu'une corvée déstinée à faire gagner sa vie."

A un certain point, les raisons pour lesquelles je mets en oeuvre cette idée me seront plus claires et j'aurai peut-être trouvé un but final pour mieux canaliser mon énergie.

Si tu as des idées ou des commentaires par rapport à ce sujet, partage-les ci-dessous s'il te plaît.  J'aimerais les connaître !

lundi 1 avril 2013

un passé joyeux

Alors que je rentrais chez moi du travail un soir, je me suis mis à réfléchir à la question de vivre une vie joyeuse.

En gros, une fois la plupart de la vie achevée, la seule façon de savoir si la vie a été joyeuse est de revenir sur les moments passés.  Tant qu'on a vécu une bonne série de moments joyeux, on est probablement capable de dire que la vie a été joyeuse.  Mais comment se sont crées ces moments du passé ?  Eh bien, chaque moment du passé a été une fois un moment présent.  Mais comme il est passé, on peut le mettre de côté.  Tout ce qui reste est le présent et le futur.  Le présent est en train de devenir le passé, tandis que le futur est plus riche en moments attendant chacun leur tour de devenir le présent.  Bien sûr, le futur peut être plus court ou plus long -- personne ne sait vraiment quand il n'existera plus.

Alors qu'est-ce que veut dire tout cela ?  Ca veut dire qu'une bonne partie de vivre une vie joyeuse est de jouir du présent.  Ceci parce que, comme dit ci-dessus, le présent est en train de devenir un moment passé, après quoi il nous servira à déterminer si nous avons vécu une vie joyeuse.

Alors créeons un passé joyeux -- ou une vie joyeuse -- en jouissant du présent plus souvent pendant que celui-ci nous appartient.

Il y a quelques années, un vendredi soir, j'étais en compagnie de mon pote Edgar en plein centre-ville.  J'ai dû lui demander quand se sont passés les meilleurs moments de sa vie et où il était à ce moment-là. Il m'a répondu, "Maintenant, ici."  Simple et pourtant profond.