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dimanche 28 septembre 2014

cinq promenades dans le 12ème

Guess who's back, back again
50 First States back, tell a friend
Guess who's back, Guess who's back ...

Et comme Eminem l'a dit dans "Without Me", l'opération 50 First States est de retour.  Et pourquoi pas, avec le printemps se terminant and l'été commençant ?  Il était temps de se promener encore dans Paris au mois de juillet, quand j'ai relancé l'opération (même si, à l'heure où j'écris, l'automne est arrivé et l'hiver n'est pas loin).

Alors, à partir du juillet, je me suis attaqué au 12ème arrondissement.  Le plan d'action est resté le même depuis le 11ème arrondissement : se promener dans l'arrondissement, s'arrêtant à 10 sites remarquables et demandant aux 50 personnes passées sur le chemin si elles venaient chacune de l'une des capitales d'Etat américains.  La promenade était divisée en 5 parties, chacune comprenant 2 sites à visiter, 10 personnes à aborder, et, bien naturellement, 10 questions à poser.  J'ai réutilisé la même liste des raisons à donner (une pour chacune des 5 promenades) si les personnes que j'abordais me demandaient le pourquoi de ce que je faisais :
  • I am just bored
  • I am just trying to be creative
  • I am trying to change the world
  • I am trying to overcome my shyness
  • I am trying to stop caring about what people think about me

En VF :
  • Je m'ennuie, tout simplement
  • J'essaie d'être créatif
  • J'essaie de changer le monde
  • J'essaie de vaincre ma timidité
  • J'essaie d'arrêter de penser à ce que les autres pensent de moi

L'unique "amélioration" principale que j'ai ajoutée à l'opération était dédiée aux filles.  Quand la personne suivante que je devais aborder devait être une fille, je ne choisirais qu'une fille que je trouvais jolie.  Et avant la fin de l'interaction, je lui demanderais si elle voudrait prendre un verre avec moi.  Sans chichis, juste une invitation directe à boire un verre ensemble.

Il est important de noter que je n'ai pas pu proposer un verre à chaque fille abordée, car certaines ne sont pas restées cinq secondes pour parler.  Au fait, parmi celles à qui j'ai pu demander, aucune d'entre elles n'ont dit oui.  Cependant, j'étais préparé au rejet éventuel.

Et sans plus de cérémonie, je vous présente un récapitulatif de ma visite de 10 sites du 12ème arrondissement, accompagné de quelques notes sur les échanges intéressants que j'ai eus sur le chemin.

1. Gare de Lyon
La gare de Lyon est l'une des six gares principales à Paris.  La troisième gare de France par son trafic, elle doit son nom à la ville de Lyon, desservie par beaucoup des trains de grandes lignes qui partent de la gare, dont la plupart se terminent dans le sud de la France.  Construite à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900, elle est considérée comme un exemple classique de l'architecture de son époque.  Celle-ci se distingue par son beffroi, une tour carrée haute de 67 mètres, dont le style rappelle la tour de l'horloge qui abrite Big Ben à Londres.



En plein centre du parvis de la gare de Lyon, il y avait une fille attendant débout sans rien faire, son portable à la main.  Après une brève hésitation, je suis allé la voir.  Bon, elle ne venait pas de Sacramento, California.  Quand je lui ai proposé un verre, elle a répondu d'un air décontracté qu'elle attendait en fait son petit ami, qui avait du retard.  "Ah", me suis-je dit.  Si j'avais une stratégie bien préparée, j'aurais probablement rebondi en demandant "Donc, si vous n'attendiez pas votre copain, auriez-vous quand même aimer prendre un verre ?"  Mais non, je suis parti, tout simplement.

2. Promenade plantée
La Promenade plantée est un long espace vert aérien situé sur la trace de l'ancienne voie ferroviaire de la ligne de Vincennes.  Débutant juste à l'est de l'opéra Bastille, elle suit une bande de terrain de 4,7 km de long vers l'est jusqu'au boulevard Périphérique, une voie circulaire qui sépare Paris de sa banlieue.  Comme si elle n'était pas assez verte, la promenade donne accès à d'autres espaces verts, comme le jardin Hector Malot, le jardin de Reuilly, le jardin de la gare de Reuilly et le square Charles Péguy.

C'était dans une scène du film "Before Sunset", de Richard Linklater et avec Ethan Hawke et Julie Delpy, que j'ai découvert la promenade pour la première fois.  Depuis, j'ai toujours aimé la visiter, et le film est devenu rapidement l'un de mes préférés.





Une rencontre intéressante dans cette version améliorée de l'opération a eu lieu lorsque j'étais sur la Promenade plantée.  En passant sous une arche composée de plantes, je me suis retrouvé face à une fille qui venait de la direction opposée.  Je lui ai promptement demandé si elle venait de Tallahassee, Florida.  Elle était attentive mais n'avait pas l'air de comprendre, alors j'ai continué à répéter la question, à chaque fois plus clairement.  C'était pendant cet instant qu'un jeune homme, que j'avais passé avant de voir la fille, a apparu et demandé ce qui se passait, comme s'il voulait la protéger.  J'ai vite compris qu'ils étaient dans la même compagnie, qui incluait aussi une dame âgée avec laquelle j'avais vu le jeune homme plus tôt.  Soudainement gêné, j'ai rapidement pris congé sans oser proposer à la fille qu'on prenne un verre, la laissant expliquer au mec ce qui venait de se dérouler.

Toujours sur la Promenade plantée, j'ai abordé un monsieur pour savoir s'il venait d'Atlanta, Georgia.  Il a répondu que non, mais il était curieux.  "Qu'est-ce que vous voulez ?", a-t-il demandé.  Quand je lui ai dit que je m'ennuyais tout simplement, il a souri.

3. Viaduc des Arts
Le viaduc des Arts est un ensemble d'ateliers des métiers d'art regroupés dans une construction unique au long de l'avenue Daumesnil.  Son emplacement était anciennement occupé par l'ancien viaduc de Paris construit en 1859 pour soutenir la voie ferroviaire de la ligne de Vincennes.  C'était en 1990 que la mairie de Paris a décidé de réhabiliter le lieu en rénovant chacune des voûtes du viaduc afin de les transformer en nouveau conservatoire de l'artisanat d'art.


Les arts culinaires, quelqu'un ?

Je suis tombé sur un type accompagné d'une fille près d'un carrefour au long du viaduc des Arts.  Quand je lui ai demandé s'il était d'Indianapolis, Indiana, il a rétorqué : "Est-ce que j'ai l'air de venir d'Indianapolis ?"  J'ai répondu que j'essayais juste d'être créatif.  "Bien essayé !", a-t-il dit en retour, souriant.

4. Rue d'Aligre
La rue d'Aligre est une voie au coeur du quartier d'Aligre qui va de la rue de Charenton jusqu'à la rue du faubourg Saint-Antoine.  Dans cette rue se déroule tous les matins sauf le lundi le marché d'Aligre, avec dans son milieu, sur la place d'Aligre, le marché Beauvau, un marché couvert.

Le marché Beauvau sur la place d'Aligre



Rene Miller encore !

Au marché d'Aligre, je suis tombé sur Rene Miller, le musicien que j'avais vu jouer au marché Bastille quand je faisais l'opération 50 First States dans le 11ème arrondissement l'année dernière.  Il me semblait qu'il faisait une pause, et je suis allé parler avec lui.  Il m'a dit qu'il était américain, et je lui ai dit que je venais du New Jersey.  Puis la femme qui restait debout à côté de moi et qui avait dû écouter Rene jouer, a révélé qu'elle serait dans le New Jersey bientôt.  Soudain, j'étais en conversation avec elle.  Elle a dit qu'elle connaissait Rene et qu'elle venait d'arriver à Paris de Memphis, Tennessee, pour y passer quelques semaines.  J'ai découvert qu'elle était illustratrice et aussi un sketcher urbain, ce qui m'a rendu plus curieux.  Naturellement, je lui ai parlé de la communauté de sketcheurs urbains à Paris dont j'étais membre et je l'ai invitée à venir croquer avec nous lors d'une séance au jardin du Luxembourg qui avait lieu le lendemain et que j'organisais.  Elle a dit qu'elle y serait.  Quelle rencontre !

Il y a eu un autre bon moment au marché d'Aligre une fois que j'y ai repris l'opération là-bas le lendemain au matin.  D'une part, c'était remarquable parce que la fille que j'avais passée en me faufilant à travers la foule portait une très jolie robe d'été blanche.  D'autre part, ce n'était pas remarquable parce que je n'avais rien fait, si ce n'était la regarder s'éloginer.

Il y avait un couple de jeunes sur lequel je suis tombé dans la rue du faubourg Saint-Antoine, après avoir quitté le marché.  Ils avaient tous les deux l'air drogués et mon échange avec eux était bizarre.  La fille s'est comportée comme si elle voulait m'aider quand j'ai demandé au mec s'il était de Jackson, Mississippi, alors que le celui-ci voulait qu'ils reprennent leur chemin.  Ils ne pouvaient pas se décider entre eux, tout en continuant leur interaction avec moi (en quelque sorte).  Toute la rencontre était bordelique.  Même ma remarque "J'essaie de changer le monde" est tombée sur des oreilles sourdes.

5. Opéra Bastille
L'opéra de la Bastille, appelé plus couramment Opéra Bastille, est une salle d'opéra moderne située sur la place de la Bastille.  Inauguré le 13 juillet 1989 à la veille du bicentenaire de la prise de la Bastille, il est devenu l'une des deux salles principales utilisées par l'Opéra national de Paris, l'autre étant le plus vieil Opéra Garnier.  Beaucoup d'opéras y sont joués, ainsi que des ballets et des concerts symphoniques.



J'attendais de traverser la rue pour aller de l'opéra Bastille à l'autre bout de la place de la Bastille quand une fille m'a rejoint.  Sautant sur l'occasion, je lui ai demandé si elle était de Lincoln, Nebraska.  Elle a répondu que non et se mettant à sourire, elle a traversé la rue (le feu était déjà vert) et puis disparu.  Soit elle marchait trop vite pour que je puisse l'inviter à prendre un verre, soit j'étais trop lent à poser la question.  A vous de décider.  En lamentant une occasion ratée qui était pourtant belle au début, je suis tombé à nouveau sur la fille sur le quai du port de l'Arsenal quelque temps plus tard.  C'était comme si on m'avait accordé une seconde chance, et celle-ci, je ne l'ai pas gâchée.  En réponse, elle a gloussé et m'a passé sans prononcer le moindre mot.  Elle a probablement pensé que je n'étais pas sérieux.  Tant pis pour elle.

6. Bassin de l'Arsenal
Le bassin de l'Arsenal, également appelé le port de l'Arsenal, est un bassin qui relie le canal Saint-Martin à la Seine, entre le quai de la Rapée et la place de la Bastille.  Creusé suite à la destruction de la Bastille pendant la Révolution française, il était conçu pour remplacer le fossé qui remplissait les douves de la forteresse en eau de la Seine.  Durant le XIXe siècle et une grande partie du XXe siècle, le bassin est devenu un important port commercial, facilitant le chargement et le déchargement des marchandises.  Il a été transformé en port de plaisance en 1983 et dispose de 180 postes d'amarrage environ.

Le port au-delà du quai de la station de métro Bastille


Vers le nord : Place de la Bastille

Vers le sud : Quai de la Rapée

Lors d'une balade sur le quai du port de l'Arsenal, j'ai remarqué un bateau.  En fait, c'était la blonde sur une plate-forme surélevée sur le bateau que j'ai remarquée.  Par rapport aux autres opportunités, celle-ci était suffisament inhabituelle pour ne pas laisser tomber.  D'ailleurs, il me restait une fille à aborder avant de terminer l'opération pour ce jour-là.  Alors je lui ai crié "Hi !" ‒ je ne m'étais pas rendu compte que je pouvais crier ‒ et elle a dit "Hi !" en retour.  Je lui ai demandé si elle était de Concord, New Hampshire et elle a dit que non.  Quand je lui ai demandé si elle aimerait prendre un verre avec moi, elle a dit "Non, merci" et elle est aussitôt rentrée dans le bateau à travers la porte derrière elle.  Je n'ai rien pu faire d'autre que de reprendre ma balade.  Quelques moments après, je me suis retourné et j'ai vu la fille débarquer du bateau avec un homme.  Je me suis retourné à nouveau quelques secondes plus tard et ils marchaient ensemble, main dans la main, sur le quai vers la place de la Bastille, loin de moi.

Ma dernière rencontre au port de l'Arsenal était avec un homme un peu âgé assis confortablement sur la pelouse du jardin qui bordait le quai.  Avec un accent américain parfait, il m'a dit qu'elle était d'une certaine ville de l'Ohio.  Puis, il a demandé : "Pourquoi demandez-vous [si je viens de Trenton, New Jersey] ?"  J'ai répondu que j'essayais de changer le monde, à quoi il a répondu, "Bonne chance".

7. Palais Omnisports de Paris-Bercy
Le Palais omnisports de Paris-Bercy (POPB), également désigné par l'abréviation Paris-Bercy voire simplement Bercy, est une salle polyvalente qui accueille des manifestations sportives et des concerts.  Facilement reconnaissable à l'extérieur par sa forme pyramidale et ses parois recouverts de pelouse en pente, il permet une série d'applications techniques sans limite pour la sonorisation, les éclairages et les effets spéciaux.  Le POPB est le site du tournoi de tennis Masters de Paris, ainsi que celui de compétitions dans d'autres sports comme le handball, le basketball, la boxe, la gymnastique, l'athlétisme, le cyclisme sur piste et le saut d'obstacles.  Il peut accueillir de 3.500 à 17.000 spectateurs assis, selon l'évènement.

Quand le POPB devient Bercy Arena


En tournant à droite du boulevard de Bercy dans la rue de Bercy, dans le coin du Palais omnisports de Paris-Bercy, j'ai vu deux filles attendant debout avec des valises et bavardant.  Dans un anglais avec un accent indéniablement britannique, elles ont révélé qu'elles n'étaient pas de Santa Fe, New Mexico et ont décliné mon invitation à prendre un verre, disant qu'elles devaient aller quelque part.  L'une d'entre elles m'a puis demandé les raisons pour mes actes, et je lui ai dit que j'essayais de vaincre ma timidité.  Instantanément, les deux filles ont déclaré que je n'étais pas timide, ce que j'ai trouvé flatteur.  Elles ont continué à affirmer que je n'étais pas timide, et quand je n'en pouvais plus, j'ai dit "mais vous ne me voyez pas tout le temps."  Une conversation brève et plus conventionnelle a suivi.  L'une des filles a aperçu la feuille de papier fixée sur une planche plastique que je portais et a demandé à la voir.  J'ai commencé à la présenter, disant que c'était une liste des capitales des 50 Etats unis, avant d'être interrompu par leur départ après l'arrivée d'une troisième fille.  A nouveau tout seul, je me suis mis à me demander.  Dans la rue, le bruit court que je ne suis peut-être pas timide après tout.  Quelle idée.

8. Parc de Bercy
Le parc de Bercy est un espace vert qui longe la rive droite de la Seine.  Inauguré en 1994 sur le site des anciens entrepôts de Bercy, le parc s'étend sur 13,9 hectares et est composé de trois jardins différents, chacun sur un thème distinct : "les Prairies", formé de grandes espaces de pelouses ombragées par de grandes arbres, "les Parterres", consacré aux activités du travail des plantes et "le Jardin romantique", qui comprend des bassins où vivent des poissons et des reconstitutions de dunes.

Les Prairies


Les Parterres



Passant au Jardin romantique

Le Jardin romantique


La Grande Terrasse


Peu après être arrivé dans le parc de Bercy, j'ai abordé un homme peut-être sexagénaire alors qu'il faisait une pause lors de son entraînement.  Quand je lui a demandé s'il venait de Bismarck, North Dakota, il a point un doigt vers le sol et a dit, avec un léger sourire : "Je suis de là".

J'ai eu une rencontre intéressante avec un jeune homme bien sapé avec une fille à ses côtés, à l'extrêmité du parc près de la cour Saint-Emilion.  Quand je lui ai demandé s'il venait de Harrisburg, Pennsylvania, il a dit oui et continué à dire oui même si j'avais commencé à mettre l'accent sur "Pennsylvania".  Etonné après une énième oui, je n'avais pas d'autre choix que d'aller plus loin dans la conversation, alors j'ai dit "Bien, je suis de Philad ..." avant qu'il m'interrompe.  "Pennsylvania ?  Non, je suis de Paris !"  Le bon jeune homme qu'il était, il m'a souhaité bonne chance.

Sur la passerelle Simone de Beauvoir, j'ai eu une rencontre assez étrange avec une femme.  Je voulais savoir si elle venait de Rhode Island, Providence, mais ça semblait difficile parce qu'elle repondait avec des mots à peine audibles.  Même si j'ai essayé de rendre ma question plus claire, à chaque fois je n'ai rien entendu en retour.  Quand j'étais sur le point de partir, la femme s'est laissé dire quelque chose de familier dans une voix bien moins inaudible qu'avant : "Au revoir".

9. Cour Saint-Emilion
La cour Saint-Emilion est une rue piétionne qui est coeur du Bercy Village, un centre commercial à l'extrêmité sud-est du parc de Bercy.  Elle tient son nom des vins de Saint-Emilion, un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit autour de la ville de Saint-Émilion, dans la région de Bordeaux.  Avec les 42 chais de pierre blanche qui la bordent, la rue est un vestige des entrepôts de Bercy où s'est tenu un important marché vinicole pendant plus d'un siècle.  Aujourd'hui, c'est un centre commercial qui comprend des boutiques, des restaurants, un multiplex, entre autres.

Bonjour la cour Saint-Emilion




Au revoir la cour Saint-Emilion

L'une de mes rencontres les plus intéressantes de tous les temps a eu lieu sur la cour Saint-Emilion.  J'ai vu deux filles, toutes jolies, et j'en ai abordé une pour savoir si elle venait de Montpellier, Vermont.  Ce qui a suivi, je ne m'y attendais pas.  En réponse à la question que j'ai posée sur ses origines, elle a demandé ce que je faisais et pourquoi je le faisais.  Je ne me souviens plus si je lui ai donné la raison déjà préparée ("J'essaie d'arrêter de penser à ce que les autres pensent de moi").  En tout cas, je lui ai présenté la liste des capitales des Etats américains et expliqué brièvement comment je m'en servais, après quoi elle a affirmé que je me rendais captif en traînant dans la rue pour poser mes questions à des inconnus.  Je me suis mis à me défendre, disant que je ne faisais que créer des interactions potentiellement intéressantes.  Quand elle m'a demandé pourquoi c'était elle que j'avais arrêtée, j'ai avoué que c'était parce qu'elle était jolie.  J'ai eu l'impression que cette révélation ne lui avait pas plu, surtout quand j'ai redit au passage qu'elle était jolie, alors j'ai cessé d'utiliser le mot.  A un moment lors de notre conversation, elle m'a dit que Dieu m'aimait (et me le redirait plusieurs fois).  C'était étonnant et plutôt amusant.  Elle m'a parlé de l'église à laquelle elle allait et m'a demandé si je la connaissais.  "Hillsong ?", ai-je répété après elle.  "Oui, je la connais, j'y suis déjà allé en fait."  Apparemment contente de cette découverte, elle a insisté pour que j'assiste au service du lendemain (un dimanche), peu importe le nombre de fois que je lui ai dit que j'avais d'autres plans et que je n'allais guère à l'église.  La pression qu'elle montait était plutôt lourde ; il me semblait qu'elle n'écoutait rien de ce que je disais.  Juste pour qu'elle arrête, je lui ai dit que j'y essayerais d'y aller si je pouvais.  A un moment, elle a fait référence à sa copine, qui, à une certaine distance, n'était rien qu'une spectatrice pendant cet évènement.  Venant d'apprendre comment s'appelait sa copine, j'ai demandé à mon interlocutrice son propre nom.  Elle a répondu "Fille de Dieu".  Nous avions parlé quelques minutes et après quelque temps, elle a commencé à prendre les choses moins au sérieux.  Elle avait peut-être compris que ce qui venait de se passer était une interaction censée être amicale même si un peu particulière.  Elle a insisté une dernière fois pour que je vienne à Hillsong le lendemain, et elle est partie souriante avec sa copine.  J'ai éprouvé un certain soulagement, même si c'était une expérience marrante.  Il va sans dire que je n'ai pas réçu un oui en réponse à mon invitation à prendre un verre.

Avant de quitter la cour Saint-Emilion, j'ai abordé une fille pour lui demander si elle venait d'Olympia, Washington.  Au même moment où elle a demandé les raisons pour la question, après avoir indiqué qu'elle ne venait pas de là-bas, je lui ai demandé si elle voulait prendre un verre.  Très suave.  Je me demande si cet comportement brusque de ma part était influencé par la présence de l'agent de sécurité tout près.

10. Place Félix Eboué
La place Félix Eboué est une place située à l'ancien emplacement de la barrière de Reuilly, l'une des barrières d'octroi au long de l'enceinte construite autour de Paris vers la fin du 18ème siècle.  Anciennement appelée Place Daumesnil, elle porte son nom actuel depuis 1947 en hommage à l'administrateur colonial et homme politique français Félix Eboué (1884-1944), qui était l'un des tous premiers à se rallier à la France libre du général Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.  Au centre de la place est installée la fontaine du Château d'eau, un grand bassin circulaire surmonté de trois bassins et orné de huits lions crachant des jets d'eau.


J'ai rencontré une fille pendant que je traversais la rue sur la place Félix Eboué.  Non, nous n'étions pas dans le passage piéton, mais sur la petite plate-forme au milieu.  Quand je lui ai demandé si elle venait de Madison, Wisconsin, elle a dit qu'il y avait peu de chances que je tomberais sur quelqu'un de Madison dans les environs.  J'ai noté sa remarque et puis lui ai demandé si elle voulait prendre un verre avec moi.  Elle a dit non et elle est allée traverser le reste de la rue, marchant assez brusquement.

Voici d'autres scènes intéressantes vues lors des promenades :

Le jardin Hector Malot, accessible depuis la Promenade plantée

La rue du faubourg Saint-Antoine en direction de la place de la Bastille

Le Barrio latino, une programmation salsa assurée le dimanche

Où rollers et skateurs se retrouvent sur la place de la Bastille

Regardez, c'est la Maison de la RATP !

La Cinémathèque Française en cachette

Passerelle Simone de Beauvoir vers le 13ème arrondissement

Passerelle Simone de Beauvoir vers le 12ème arrondissement

Quand la ligne 6 du métro traverse la Seine

Jardinière Avenue Daumesnil

samedi 16 novembre 2013

cinq promenades dans le 11ème

Qui est de retour ?

L'opération 50 First States !

Je devrais peut-être la renommer "5 x 10 First States" ou quelque chose de similaire.  Longue histoire.

Alors, après plusieurs déceptions et reprises, mes pieds ont finalement parcouru le 11ème arrondissement de Paris, passant plusieurs sites importants au long du chemin.  Cela a pris cinq promenades, où chacune continuait à partir de là où la précédente s'était arrêté un jour précédent.

En plus d'aborder uniquement des gens entourés d'autres gens pour me retrouver dans une foule, ce qui était nécessaire à cette étape de l'opération, j'ai décidé de formaliser une réplique pour chaque promenade si la personne abordée demandait pourquoi je faisais ce que je faisais.  Alors que la raison donnée dans la réplique devait être inhabituelle ou amusante étant donné le contexte de rencontrer des inconnus dans la rue, elle devait être aussi authentique.

Les cinq répliques :
  • I am just bored
  • I am just trying to be creative
  • I am trying to change the world
  • I am trying to overcome my shyness (new)
  • I am trying to stop caring about what people think about me (new)

En VF :
  • Je m'ennuie, tout simplement
  • J'essaie d'être créatif
  • J'essaie de changer le monde
  • J'essaie de vaincre ma timidité (nouveau)
  • J'essaie d'arrêter de penser à ce que les autres pensent de moi (nouveau)

Enfin, je voulais que les répliques parlent des choses auxquelles les gens pourraient s'identifier.  Cheyenne, Wyoming, ne leur dit probablement rien, par exemple, mais la timidité?  Ca, ils connaissent.

Ci-dessous est un rapport des découvertes faites et de certaines des expériences créées lors des cinq promenades.

1. Place de la Nation
La place de la Nation est une place située à l'intersection des 11ème et 12ème arrondissements.  Anciennement appelée la place du Trône en raison de l'entrée solennelle dans Paris de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, elle était un vaste espace herbeux qui se prolongeait en vignes et jardins maraîchers jusqu'au mur des Fermiers généraux, l'une des anciennes enceintes de Paris.  Elle abrite au centre Le Triomphe de la République, un monument en bronze commandé en 1879 pour commémorer le centenaire de la Révolution française.  Ce monument présente la République encadrée par diverses figures allégoriques et tournée vers la place de la Bastille, créant ainsi un axe républicain fréquemment utilisé pour des manifestations publiques.








Colonnes de l'ancienne barrière du Trône

2. Rue de Charonne
La rue de Charonne est une longue rue qui traverse l'arrondissement, joignant le 12ème près du quartier de Bastille au 20ème près du cimetière Père-Lachaise.  Au long du chemin, on peut trouver plein de commerçants, de galeries d'art et de restaurants, dont certains sont tendance et d'autres populaires.  La rue donne accès à d'autres sites, comme la cour Saint-Joseph, la cour Saint-Viguès et le Palais de la Femme, une immense résidence qui appartient à l'Armée du Salut et qui accueille des femmes seules ou avec enfants.



Après être entré dans la rue du faubourg Saint-Antoine depuis la rue de Charonne, j'ai abordé une femme attendant à un arrêt de bus sur la rue du faubourg Saint-Antoine pour lui demander si elle était de Tallahassee, Florida.  Avec un air chaleureux, elle a répondu : "I have never been to Florida.  I don't have any feeling for that kind of society."  Ce qui m'a amené à demander : "What kind of society do you think is there?"  Regrettablement, je ne lui ai pas donné l'occasion de donner une réponse, car je l'ai interrompue en disant "Beach society?  Yeah, I don't like the beach that much either."  Elle a souri.

Juste après cette rencontre, j'ai répéré un monsieur sur le trottoir devant la terrasse d'un restaurant.  Il avait une apparence assez punk et fumait une cigarette.  Je suis allé lui demander s'il était d'Atlanta, Georgia.  Il m'a fait arrêter par un geste de la main pour me faire comprendre qu'il ne voulait pas être embêté, ajoutant "Don't speak French."  D'accord.

3. Rue de Lappe
La rue de Lappe est une rue près du quartier de Bastille.  Elle accueillait dans la première moitié du 19ème siècle des boutiques consacrées à la distribution des métaux comme le zinc, le cuivre et le fer.  Au tournant du siècle, toutefois, la rue avait cédé à des activités plus festives, avec l'arrivée des cabarets, des cafés et des bars où les clients dansaient le bal-musette et la bourrée, des styles de musique populaires de l'époque.  Aujourd'hui, la rue est très réputée pour sa vie nocturne.



4. Place de la Bastille
La place de la Bastille est une large place au carrefour des 4ème, 11ème et 12ème arrondissements. On lui donne ainsi qu'à ses environs souvent le nom Bastille, tout simplement. La place occupait le site de l'ancienne prison de la Bastille, qui fut prise le 14 juillet 1789 lors des commencements de la révolution française. Au centre se trouve la colonne de juillet, érigée en souvenir des trois journées de la révolution de juillet, dites "Les Trois Glorieuses." Aujourd'hui, la place est appréciée par touristes et Parisiens et accueille fréquemment des manifestations politiques et culturelles.

Cyclistes courageux


Génie de la Liberté



Au côté ensoleillé des choses


Sur la place, je suis tombé sur un homme grand qui parlait très bien anglais.  Après m'avoir révélé qu'il ne venait pas d'Annapolis, Maryland, il m'a demandé : "Why did you ask that?"  Je lui ai dit que j'essayais juste d'être créatif.  Il a souri et puis il est parti, sans rien dire.

5. Boulevard Richard-Lenoir
Le boulevard Richard-Lenoir est un boulevard bordé d'arbres qui prend son départ à la Place de la Bastille. Il est nommé en l'honneur de deux manufacturiers d'étoffes, François Richard et Joseph Lenoir-Dufresne, qui ont connu la prospérité dans le commerce du coton en France au début du 19ème siècle. Le boulevard est remarquable pour son terre-plein central, qui, en plus de recouvrir une partie du canal Saint-Martin, est le site de plusieurs squares, d'un marché d'art hebdomadaire (Marché de la création) et d'un marché bihebdomadaire, l'un des plus grands de Paris (Marché Bastille), où se vendent fruits et légumes entre autres.

Un dimanche matin au marché Bastille





L'un des squares sur la promenade Richard-Lenoir

Suivant mon chemin à travers le marché animé, j'ai aperçu une femme debout dans une petite foule devant un stand.  Je suis allé savoir si elle était de Jefferson City, Missouri.  Dans un anglais comparable à celui d'un Américain, elle a répondu que non, ajoutant "Do I look like someone you know?"  A mon tour de répondre : "No.  Do I look like someone you know?"  Au final, elle a dû comprendre que l'échange n'était pas à prendre (trop) sérieusement.

6. Cirque d'hiver
Le Cirque d'hiver est un haut lieu accueillant des cirques, des spectacles équestres, des concerts et même des défiles de mode. Conçu par l'architecte Jacques-Ignace Hittorf et inauguré par l'empereur Napoléon III le 11 décembre 1852 avec le nom Cirque Napoléon, le cirque est un polygone à vingt côtés percés de quarante fenêtres, d'un diamètre de 41 mètres et avec des colonnes corinthiennes aux angles.


Femme avec baguette


Tigres à Paris !

7. Rue Oberkampf
La rue Oberkampf est une rue qui traverse l'arrondissement, du 3ème arrondissement à l'ouest au 20ème arrondissement à l'est.  Formée par une urbanisation progressive à partir de la fin du 18ème siècle, cette rue est parfois considérée comme un "rue-faubourg", car il s'agit d'une voie commerçante qui va du centre de Paris vers les portes de celle-ci et sur laquelle il y a une circulation intense.  Dans les années 1990, elle est devenue un lieu à la mode, avec une forte présence de bars, de cafés, de restaurants, de boîtes de nuit et de salles de concert, en particulier dans le quartier autour de sa moitié orientale, à proximité de Ménilmontant.



Je suis tombé sur un homme dans le rue Oberkampf et je lui ai demandé s'il était d'Albany, New York.  Il m'a demandé ce que je cherchais.  Je lui ai dit "I am trying to overcome my shyness".  Il a indiqué qu'il ne comprenait pas le mot "shyness".  Alors j'ai dit "timidity" et il a compris.  Il m'a dit "bonne chance" avant de partir.

Après avoir marché dans la direction est sur la rue Oberkampf jusqu'au boulevard de Ménilmontant, j'ai fait demi-tour pour marcher dans l'autre sens, mais sur l'autre trottoir.  Peu après avoir traversé la rue pour commencer à retourner, je suis tombé sur un monsieur un peu vieux avec une jeune et jolie fille du type indien à son bras.  Comme il était temps d'aborder un homme, je me suis dirigé vers lui.  "Hi.  Are you from Bismarck, North Dakota?", ai-je demandé.  Il n'a pas dit grand-chose, et c'était la fille qui a traduit pour lui, dans un anglais parfait.  Elle m'a dit qu'il était français et qu'il ne pouvait parler que français.  Alors elle m'a demandé si je parlais français.  A quoi j'ai répondu : "yes but not today".  Ceci avait l'air d'avoir clarifié les choses, car le monsieur m'a ensuite dit "Bonjour" et j'ai répondu "Bonjour" en retour.  "Ca va ?", a-t-il demandé.  "Ca va", ai-je répondu, dans un bon accent français.  A ce stade, il apparaissait que mon aveu d'être capable de parler français avait été ignoré.  De toute façon, l'échange se poursuivait entre la fille et moi, en anglais.  Elle a demandé poliment la motivation de mon acte.  J'ai répondu que j'essayais de vaincre ma timidité.  Puis elle a commencé à me donner des astuces sur les endroits où je pourrais trouver des anglophones à Paris, citant Saint-Michel et Rue Mouffetard, comme si j'étais un touriste ou quelqu'un qui venait d'emménager dans la ville.  Elle a révélé qu'elle était allée dans la rue Mouffetard après être venue à Paris cinq ans plus tôt et elle avait rencontré des anglophones partout là-bas.  J'étais ému par toute cette rencontre.  A la fin, nous nous sommes séparés, mettant fin à l'une des interactions les plus agréables de l'histoire de l'opération.

8. Bataclan
Le Bataclan est une salle de spectacle édifiée par l'architecte Charles Duval en 1864.  Alors baptisée "Le Grand Café Chinois-Théâtre Bataclan", elle prend son nom de l'opérette d'Offenbach.  D'une façade représentant une pagode chinoise, le Bataclan était à l'origine un music-hall qui mettait à l’affiche ballets et numéros d’acrobatie.  En 1926, la salle a été revendue et transformée en cinéma ; elle en restera un jusqu'en 1969.  L'un des hauts lieux de spectacles parisiens aujourd'hui, le Bataclan accueille les plus grands noms de la musique et de la comédie au sein d'une activité laissant place aux spectacles, théâtre, discothèque mais surtout aux concerts.



Il se trouve que HIM est un groupe de rock finnois ...



Il y avait beaucoup de gens qui campaient à côté de l'entrée du Bataclan.  Presque tous étaient habillés pour un concert de rock gothique.  Sans chercher à déranger le groupe, je me suis rapproché d'une femme debout dans un coin ouvert aux passants et je lui ai demandé si elle était de Providence, Rhode Island.  Elle a dit que non.  Quand je lui ai demandé ce qui se passait, elle m'a dit qu'il y avait un groupe finnois qui jouaient.  Dans son explication, elle a continué à agir comme si je ne connaissais pas ce que voulait dire finnois, même si j'ai continué à répéter "Helsinki".  C'était un malentendu rigolo.

J'ai arrêté un homme près du Bataclan pour demander s'il venait de Columbia.  Avec un air heureux, il a répondu "No."  South Carolina ?  "No."  Puis il a demandé ce que je faisais.  J'ai dit que j'essayais de vaincre ma timidité.  Il m'a dit que je faisais un bon boulot avant de reprendre son chemin aussitôt.  Je n'ai rien pu faire d'autre que de crier "Thanks for the encouragement!" tandis qu'il s'éloignait.

9. Eglise Saint-Ambroise
L'église Saint-Ambroise est une église qui partage son nom avec le quartier administratif dans lequel elle se trouve.  Elle a été construite de 1863 à 1868, d'après les plans et sous la direction de l'architecte Théodore Ballu, peu après le percement du boulevard du Prince-Eugène (ancien nom du boulevard Voltaire).  Elle remplace une autre église appelée Notre-Dame de la Procession qui se trouvait légèrement en avant, approximativement à l’emplacement du square devant l'église actuelle. Son style est un mélange d'éléments néogothiques, néoromans et néobyzantins, très en vogue à l'époque, notamment à Paris.




Dans les environs de l'église, quand une femme m'a dit qu'elle n'était pas de Pierre, South Dakota, c'était le grand moment d'inaugurer une réplique toute neuve : "I am trying to stop caring about what people think about me."  Je ne me souviens plus de sa réaction.  Mais je l'ai fait !  Ravi d'avoir rendu réel pour la première fois ce que j'ai imaginé de différent des conventions, j'ai eu des frissons.

10. Place Léon Blum
La place Léon Blum est une place inaugurée en 1857 sous le nom de la place du Prince-Eugène, en hommage à l'oncle de Napoléon III, et puis rebaptisée en 1870 par celui de Voltaire, dû au voisinage du boulevard du même nom.  C'est depuis 1957 qu'elle porte le nom de l'homme politique Léon Blum (1872-1950), dont la statue est visible en face de la mairie de l'arrondissement.


City hall of arrondissement

Statue de Léon Blum

J'ai rencontré un monsieur près de McDonald's sur la place entre la rue de la Roquette et le boulevard Voltaire.  J'ai difficilement confirmé qu'il n'était pas de Richmond, Virginia.  Il voulait connaître mes intentions, alors je lui ai donné la réplique numéro 5.  Il n'a pas compris et a demandé si je parlais français.  J'ai dit : "Yes, but not today."  Pourtant, il voulait vraiment comprendre ce que j'avais dit.  C'était très émouvant ; je n'avais jamais rencontré un personnage aussi curieux et sympathique lors des épisodes précédents de l'opération avant.  Il s'est montré insatisfait quand je lui ai dit que je ne faisais qu'un exercice mental.  J'ai fini par décider de sortir du personnage (désolé Charlie Todd) et je lui ai dit que je ne l'avais jamais fait et que je ne le ferais qu'une seule fois.  Alors je lui ai donné la réplique en français, maladroitement : "J'essaie d'arrêter de penser à ce que les autres pensent de moi".  La traduction était dure.  De retour à l'anglais.  Le monsieur ne semblait pas être intéressé par ce que je venais de dire après tout.  Il a concédé qu'il avait vu ma planche (j'y avais accroché un plan de l'arrondissement et une feuille de papier listant les cinqante Etats et leurs capitales) et qu'il avait pensé que je voulais sa signature.  Il a fait une blague en disant que malgré mes cheveux gris, je n'étais pas aussi âgé que lui.  Il avait raison.  Il s'est présenté comme Michel, et il a dit qu'il avait 54 ans.  En retour, je lui ai dit mon âge et peut-être mon prénom aussi.  Nous nous sommes serrés la main à deux reprises.  L'échange était si spécial.

J'ai rencontré un groupe de quatre (une femme, trois hommes) dans un coin de l'intersection avec la rue de la Roquette.  Je suis allé demander à la femme si elle était d'Olympia, Washington.  Elle a commencé à sourire en disant "No."  J'ai vu les autres sourire aussi.  Elle m'a demandé ce que je faisais.  J'ai pris le temps de donner la réplique numéro 5.  Puis, elle a dit, "Well, I don't know you."  J'ai vite répliqué avec un "I didn't know you either."  Nous avons échangé encore des sourires et puis des souhaits de bonne journée en nous séparant.

En bonus, quelques choses intéressantes vues pendant les promenades :

C'est la seconde édition de l'exposition "Sex in the City" !

Rene Miller divertit les visiteurs du Marché Bastille

Game Heaven, alias l'endroit où je peux récupérer ma Nintendo, ma Sega Genesis et ma Playstation

Restaurant africain nigérian sur la rue Saint-Maur

Terrain d'essai préféré pour l'opération Bar Games

Le restaurant thaï le mieux classé (et peut-être le meilleur) de Paris