Le jeudi 29 mai 2014, à peine quatre jours après la séance de dessin dans le 14ème arrondissement de Paris, j'ai retrouvé des membres du groupe Paris Sketchers à l'Institut du monde arabe, une organisation qui est consacrée entre autres à la présentation des cultures du monde arabe et dont le bâtiment est situé face à la Seine dans le 5ème arrondissement. C'était le Jeudi de l'Ascension, un jour férié, et j'adorais l'idée de passer l'après-midi en bonne compagnie dans un endroit qui avaient toujours piqué ma curiosité mais que je n'avais jamais visité.
Pour cet évènement spécial, je dois remercier Marina, qui a organisé la sortie. Elle a écrit une petite présentation alléchante de tout ce que l'institut pouvait offrir à un sketcher urbain, notant en particulier l'exposition "Il était une fois l'Orient Express" qui était en cours. Cette nouvelle m'a beaucoup intéressé, même si ce qui me fascinait était la vue panoramique sur Paris depuis le toit du bâtiment. Et l'accès à celle-ci était gratuit.
Je suis arrivé à l'Institut vers 14h, à l'aide de Vélib. Une locomotive était installée dans un espace qui donnait accès au bâtiment, accueillant visiteurs et passants. Tout près, sur le parvis, il y avait une ligne de voitures de train, une file d'attente au long de celle-ci et une autre, plus longue, devant un guichet décoré de manière à donner l'impression d'être dans une gare. L'Orient Express. Le train célèbre qui reliait plusieurs villes d'Europe à d'autres du Moyen-Orient à partir de 1883. C'était sans doute un évènement spécial.
J'ai trouvé dehors quelques sketchers que je connaissais, dont Marina, et je suis allé dire bonjour. La plupart d'entre eux, y compris Tula et Jean-Marc, étaient déjà au travail. Eprouvant l'envie de les rejoindre, je me suis mis à me demander ce que je devrais croquer. Marina avait parlé de la vue sur la cathédrale Notre-Dame depuis le toit du bâtiment, mais j'étais toujours indécis. C'était une sorte de dilemme : est-ce que je resterais dehors pour contempler le locomotif, les voitures de train et/ou le bâtiment que j'avais intrigué pendant des années, ou est-ce que j'irais dans ce même bâtiment pour voir ce qu'il y avait d'intéressant depuis son toit ?
J'ai choisi le dernier. Et cinq minutes plus tard, j'étais sur le toit, ayant monté neuf étages par l'ascenseur. Pendant que j'admirais la vue où je pouvais, comme il y avait des touristes étaient un peu partout, mon regard est finalement tombé sur Notre-Dame, vers l'ouest. Dans sa direction, j'ai repéré un coin assez isolé depuis lequel je pouvais avoir la vue la plus proche et la plus claire de Notre-Dame. Je m'y suis rapproché, certain que c'était l'endroit d'où j'allais dessiner.
Après que je m'y suis installé, j'ai commencé à croquer ce que je voyais. Au cours des deux heures que ça m'a prises pour finir, Marina est passée et a fait des croquis à l'aquarelle. Je ne l'avais rencontrée qu'une fois, lors d'une sortie précédente, mais être là-haut avec elle m'a donné l'occasion de la connaître mieux. Elle a fini par partir croquer ailleurs, mais pas avant qu'on confirme l'heure de rendez-vous au café en face du bâtiment.
J'étais ravi après avoir attaqué Notre-Dame d'un tel point de vue et largement satisfait du résultat, d'autant plus que c'était le premier grand monument parisien que j'aie jamais dessiné. Comme il me restait du temps libre avant que je me réunisse avec le groupe, j'ai décidé de profiter encore du cadre pour faire deux croquis rapides de 30 minutes au stylo de la cathédrale et de ses environs.
Une fois les croquis terminés, j'ai dit au revoir au toit et pris l'ascenseur pour descendre. J'allais arriver au café en retard.
***
Le soir du jeudi 28 août 2014, je suis retourné à l'Institut du monde arabe sans les sketchers. Cette fois, je ne suis pas allé sur le toit. Je n'avais même pas l'intention d'entrer dans le bâtiment, qui était déjà fermé d'ailleurs. Tout simplement, je suis venu apprécier l'attraction du moment, que j'avais choisi de ne pas croquer la fois précédente : l'Orient Express.
Pourquoi retourner trois mois plus tard ? Parce que l'exposition prenait fin le 31 août. Et je voulais marquer le moment dans un croquis, ou plusieurs. Mieux vaut tard que jamais.
Je suis revenu deux jours après, le samedi 30 août 2014, pour une dessin plus poussé. Je voulais tout dans la composition : la locomotive, les voitures de train, le bâtiment. Au bout de cinq heures sur deux jours, j'ai réussi. Deux jours, car je suis retourné le lendemain, le dernier jour de l'exposition, pour mettre la dernière touche.
Grâce à Marina, qui m'avait offert un billet, j'ai pu visiter les voitures de train ouvertes au public le second jour. Voilà quelques souvenirs de cette expérience.
J'ai partagé quelques moments amusants avec les agents de sécurité qui travaillaient à la sortie de la visite des voitures de train. Ils m'avaient vu croquer plus tôt depuis leur poste et ils étaient venus jeter un oeil à mon travail de temps en temps. Lorsque je sortais avec les autres dans mon groupe de visiteurs, l'un d'entre eux s'est proposé de me prendre en photo à l'intérieur des voitures avec mon appareil photo. Alors je l'ai suivi et me suis fait photographier sans personne d'autre en vue. Précieux. Plus tard, un autre agent de sécurité m'a interpellé lorsque je croquais pour dire quelques mots d'encouragement : "Vous avez un talent, il faut l'exploiter ... il faut se faire connaître ..." Flattée et gêné, j'ai répondu "OK, mais plus tard, à quoi il a dit "Le temps presse ..." Quand je partais pour de bon, il a ajouté : "N'oublies pas." "Quoi ?", ai-je demande. "Ce que je t'ai dit toute à l'heure."
La cerise sur le gâteau, c'était le moment sur le pont de Sully où j'ai croisé Jack Lang, le président de l'Institut du monde arabe et un ancien ministre de la Culture, en marchant vers la place de la Bastille pour prendre le métro.

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