Inspiré par la découverte d'un livre intitulé "Le grand art de la petite conversation" dans une FNAC à Paris la semaine dernière, je pensais que ce serait chouette d'aborder le sujet du small talk
(Attention : A défaut d'un terme en français pour "small talk", je propose "la conversation légère" ou "la petite
conversation"). Le livre était écrit par Debra Fine, une experte en communication, et je suis toujours en train de le lire.
Afin que le solitaire en moi puisse avoir les capacités relationnelles
nécessaires à une vie épanouie, il serait logique que je m'efforce d'être meilleur en small talk.
Convenablement, j'ai dédié une opération entière au sujet.
L'opération
Small Talk ressemblerait à la suite de l'opération Bonjour
lorsqu'il
s'agit d'entrer en contact avec une personne qu'on ne connaît pas.
Alors
que la dernière demande qu'on dise "Bonjour" sans plus à un inconnu qui
se trouve au bon endroit au bon moment, la première s'intéresse aux
conversations légères qui commencent par autre chose que "Bonjour".
Essentiellement, l'opération Small Talk rentre directement dans le vif
du sujet, se dispensant de la règle de commencer par une formule de
salut classique .
L'opération consiste à créer 10
moments de small talk au cours de la semaine. Pour quelqu'un de
naturellement sociable, qui n'est actuellement pas mon cas, ce serait
une tâche triviale qui pourrait même être accomplie en un jour. Ce qui
constitue un moment de small
talk est un échange de propos que j'initie avec un inconnu et qui ne
commence pas par "Bonjour",
"Excusez-moi", "Madame", "Monsieur" ou quelque chose de similaire. Les personnes au travail dans des magasins, des restaurants et d'autres commerces ne sont pas considérés comme des inconnus, vu qu'on s'attend en général à ce qu'elles rendent service aux
gens. En ce qui concerne l'échange même, j'ai commencé par quelque
chose de simple ‒ dire une chose à la personne inconnue et entendre celle-ci
répondre une fois. Si elle ne répond pas, il n'y a pas de moment de small
talk. En général, je ne réessaie pas en utilisant une autre phrase ;
j'accepte plutôt le rejet et passe à autre chose. Une fois que je fais
l'opération 10 fois sur 10 semaines distinctes, ayant créé 100 moments de
small talk au total, je passe la vitesse supérieure ‒ par
exemple,
dire quelque chose à la personne et entendre celle-ci répondre à deux
reprises. Après, je continue à établir des niveaux plus
élevés à atteindre, jusqu'à ce que chaque échange finit par être une conversation substantielle. A ce stade-là, on pourrait prétendre être
naturellement sociable et l'opération ne serait plus nécessaire.
Tout moment de
small talk créé avec l'espoir d'entrer en contact avec quelqu'un ne
nécessite pas de sujets de conversation profonds. De plus, il n'existe
pas que la météo. Il y a les environs, qui sont généralement riches en informations de toutes sortes, qu'il s'agisse des
gens, des animaux, des objets, des comportements, des évènements, etc..
Il y a aussi
l'esprit, qui est en train de traiter ces informations de façons
multiples, ce qui produit par la suite encore des informations.
Imaginez
que ces informations que vous veniez de produire étaient partagées
instantanément avec
quelqu'un près à portée de main. Ce serait potentiellement un moment de
small
talk.
Pour pouvoir augmenter mes chances
de créer ces moments, je m'efforce de rester attentif quand je suis
entouré de gens. Bien que j'aime explorer le
contenu de mon esprit, j'imagine que le fait de partager avec quelqu'un
une idée que je viens d'avoir me permettrait aussi de découvrir des choses.
Ca pourrait être des informations pratiques que je
ne m'attendais pas à recevoir sur un thème que je connaissais ou un avis
sur un sujet que je connaissais peu. En plus, la découverte
pourrait se trouver quelque part au-delà de la réponse même de mon
interlocuteur. Je pourrais apprendre qu'il était quelqu'un d'amicable alors que j'avais initialement supposé le contraire ou je
pourrais reconnaître que malgré nos différences, nous
cherchions essentiellement des choses similaires.
Comme si le livre de Debra Fine n'en présente pas
suffisamment les bénéfices, je dirais que le small talk aide les gens
(y compris la personne qui l'initie) à s'ouvrir et par
conséquent encourage la confiance. Ce qui est intéressant, c'est que
plus nous avions confiance, par rapport à nous-mêmes et aux
autres, plus nous serions capables de nous ouvrir. Je peux être
un solitaire, mais je veux être ouvert aussi.
Je conclus avec deux exemples de moments
de small talk qui me viennent à l'esprit et qui ont tous les deux eu lieu
récemment.
Un soir il y a deux
semaines, dans une boulangerie Eric Kayser
où je vais plusieurs fois
par semaine, j'ai perçu une odeur particulière mais plutôt
agréable. Or je n'étais entouré que de pain et de pâtisseries. En
toute vérité, il y avait aussi en libre-service une variété de boissons
en bouteille et de boîtes de plats préparés, mais l'odeur ne pourrait pas
émaner de là-bas. Remarquant qu'il y avait une dame devant moi dans la
queue, j'ai dit : "Ca sent le poisson ici !" Elle s'est retournée,
l'air amusée, et a dit : "Effectivement, je sens le poissons aussi !"
J'étais rassuré.
Mercredi dernier, à l'heure du déjeuner, j'étais à
la cantine de l'immeuble dans lequel je travaille.
J'ai arrêté d'aborder les jolies filles sur place pour faire la queue
pour les grillades du jour. Au long de la queue était situé un stand des
desserts, duquel j'ai pris un des bols de salade de fruits déjà
préparés. Le type derrière moi a aussi pris un bol, mais j'ai remarqué
que le sien était rempli à 60% environ. Allo ! Moment de small talk !
Alors je suis intervenu en lui disant : "Il y a encore de bols qui sont plus remplis de salade",
indiquant avec un geste de la main la différence entre le contenu de son bol et
celui des autres sur le stand. Après qu'il a compris, il a remplacé son
bol sans hésitation. "Merci !", a-t-il dit, avant de faire
un commentaire que je n'ai pas bien entendu sur les avantages de manger des fruits.
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