J'ai mentionné Bar Games avant dans un article mais je n'en ai pas vraiment parlé. Alors, laissez-moi saisir l'opportunité de vous faire une présentation.
Tout comme l'opération 50 First States, Bar Games me voit parcourir les arrondissements de Paris du 1er au 20ème. Mais contrairement à 50 First States, qui se déroule dans la rue, Bar Games a lieu ‒ comme vous l'avez deviné ‒ dans un bar. Ou dans tout établissement ouvert le soir avec un comptoir et des clients qui peuvent y prendre un verre. L'idée générale est de créer des situations inhabituelles (si pas fun) avec les gens dans un bar et de placer la barre plus haut à chaque fois que je passe à l'arrondissement suivant. Du 1er au 7ème, soit le dernier arrondissement complété à l'heure où j'écris ceci, j'ai fait des choses variées comme dire "Hi !" tout simplement aux inconnus, les inviter à trinquer avec moi en leur disant "Cheers" et leur demander "So are you guys left-siders ?" ("Alors vous êtes des left-siders ?") Ah oui, les interactions se déroulent en anglais. Et ce qui en résulte est parfois surprenant, généralement d'une manière positive.
Un arrondissement est complété une fois que j'ai effectué l'opération de la manière décrite ci-dessus dans cinq bars différents de cet arrondissement.
Ce n'est que récemment que j'ai eu tant de mal par rapport à l'opération. Il s'agissait pas de la terminer, mais tout simplement de la lancer dans un bar donné. Ces difficultés ont commencé dans le 7ème. Peut-être que c'était dû au petit nombre de bars éligibles dans un arrondissement rempli d'ambassades, de bâtiments du gouvernement et de résidences élégantes. Ou peut-être que c'était le résultat d'un manque de résolution de ma part. Quel que soient les raisons, c'était la galère. Ce qui n'aurait pas dû prendre plus de deux mois (pour visiter cinq bars) en a pris six. Alors quand j'ai enfin complété l'arrondissement, j'ai éprouvé plus de soulagement que de joie.
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| Ladurée Champs-Elysées |
Aussi mal que c'était dans le 7ème, les choses étaient encore pires dans le 8ème. Je n'ai pas pu conclure dans le premier bar ! Comme je respectais la règle de commencer un arrondissement par me rendre aux bars que j'avais déjà visités, j'ai dû passer en premier le bar de la maison Ladurée sur les Champs-Elysées, où j'étais allé deux fois dans le passé avec des copines. En fait, c'était le seul bar dont je me souvenais dans le 8ème, alors je devais vraiment le passer pour pouvoir avancer. Mais je n'ai pas pu. Au moins cinq soirs différents j'y suis passé et toutes les fois sauf une, je n'ai pas pu trouver le courage de quitter mon siège pour aborder les quelques clients sur place. La seule fois où je suis parvenu à faire cela, la réponse des personnes à la première table était : "Alors, je suis contente que vous soyez un left-sider. Je suis là avec mes amis et nous essayons juste d'apprécier notre soirée ensemble." Pourtant vu le langage corporel et le ton de la voix de la fille qui a prononcé ces mots, ce qu'elle semblait communiquer en réalité, c'était : "Tu ne pourrais pas nous embêter plus que tu le faisais maintenant." J'étais anéanti, et sans avoir préparé une stratégie pour rebondir, j'ai abandonné l'idée d'aller voir les gens aux autres tables pour rejoindre mon siège, croyant que j'avais fait quelque chose de mal et éprouvant plus de honte que de découragement. J'ai fini ma boisson en toute tranquillité, payé l'addition, et quitté le bar aussitôt. Bref, une opération ratée (encore).
Sûrement, tout cela était ma propre interprétation des évènements. C'était comme si je cherchais des preuves réelles de la part des clients ou du personnel du bar que je faisais quelque chose de mal en y réalisant l'opération. Pourquoi ? Eh bien, le bar paraissait chic, par rapport à tous ceux où j'étais allé dans les sept arrondissements précédents. Et les endroits chic ont tendance à dicter une certaine sorte de comportement des gens qui les fréquentent. Disons la sorte où on reste à sa table et où on ne se mêle pas aux gens à d'autres tables. Evidemment, il n'y a pas de règle qui dit que c'est le comportement à adopter dans de tels établissements. Mais la plupart des gens se comportent ainsi, dans des endroits au-delà des bars chic d'ailleurs, alors cet comportement est considéré comme normal ou socialement acceptable au moins. Tout en étant coupable de me comporter de manière similaire dans les bars, je trouvais que c'était une habitude contraignante, vu que l'opération que je voulais faire demandait clairement quelque chose de différent. Pour résultat, à chaque fois que je suis sorti, je me suis retrouvé dans un conflit entre ma peur (de ce que les autres penseraient) et mon désir (de faire quelque chose d'inhabituel), finissant par céder à la première.
Etouffé par le stress après avoir subi trop d'échecs, j'ai décidé de sortir de ce conflit en faisant un pas en arrière. Un pas en arrière, presque littéralement, car j'envisageais de retourner aux bars du 7ème, l'arrondissement précédent. Clairement, je n'étais pas prêt à relever le défi de ceux du 8ème, alors pourquoi ne pas aller prendre confiance en réalisant quelque chose de moins difficile, quelque chose que j'avais déjà réalisé de toute façon, et après cela refaire le pas en avant ? L'idée semblait trop bonne.
Tant pis qu'elle ne se soit pas très bien passée quand j'ai tenté de la mettre en pratique. Quand je suis allé dans le 7ème, j'ai découvert que le premier bar n'était plus là. Ou peut-être qu'il était en train d'être rénové. De toute façon, je n'ai vu personne ni aucune entrée. J'avais mis tous mes oeufs dans le même panier ... er, je veux dire bar, et maintenant, j'ai dû accepter d'essayer les autres bars si je voulais prendre mon idée au sérieux. Le guerrier en moi a décidé de continuer. Mais sans possession de toutes mes forces, suite à la mauvaise nouvelle du premier bar. A la fin, en entrevoyant de l'extérieur la foule dans le second bar, j'ai perdu toute ma concentration, renoncé à l'opération et commencé à chercher à rentrer chez moi.
Nouvel échec.
J'en pouvais plus. Toujours le guerrier quand même, j'ai conçu une idée encore plus audacieuse que la précédente. Retourner au bar Ladurée dans une situation du genre "ça passe ou ça casse", et enterrer l'opération pour de bon si je ne la complétais pas là-bas. En gros, c'était comme un évènement "win-or-go-home", c'est-à-dire un évènement où il faut soit gagner soit rentrer à la maison, comme le diraient certains commentateurs sportifs américains. Ca semblait être la chose nécessaire à faire, et c'était très simple. Est-ce que mon opération adorée m'importe suffisamment pour que je m'efforce de la garder en vie, ou est-ce que je me contente d'imaginer des solutions (à mes problèmes) que je ne mettrais jamais à exécution ? La question était là. Et hésiter à y répondre me causait trop de stress. J'ai jugé une résolution nécessaire, pour que je puisse passer à autre chose. Ce n'était pas comme si j'avais absolument besoin de lancer l'opération Bar Games. Après tout, je pourrais souffrir.
Mais parce que je ne voulais pas souffrir, j'ai décidé de mettre en oeuvre cette nouvelle idée le lendemain du jour où j'avais raté mon retour dans le 7ème. Par ailleurs, j'avais besoin d'atteindre mon quota d'opérations complétées pendant la semaine, et chaque moment comptait.
Le jour J. J'avais envie de me donner à fond dans la tâche que je m'étais donnée et naturellement j'étais un peu anxieux aussi. L'aspect "ça passe ou ça casse" était extrêmement motivant. J'allais juste entrer dans le bar et faire ce que j'avais l'intention de faire : aborder les clients, peu importe s'ils étaient jeunes ou pas, en famille ou pas. Je les laisserais tranquilles seulement si leurs réactions montraient qu'ils n'étaient pas ouverts à mon passage. Si ça ne plaisait pas aux membres du personnel, il faudrait qu'ils me le fassent savoir.
Je suis arrivé au bar Ladurée vers 21h10. J'ai repéré un groupe de quatre jeunes assis à table à côté à l'entrée, et un jeune couple et un bébé en poussette au côté droit du comptoir en forme de U. J'ai passé ces derniers en allant à ma place habituelle. Je transpirais un peu et j'ai décidé de me détendre un peu, malgré ces opportunités prêtes à saisir. "Je vais utiliser le temps pour me préparer mentalement à la tâche", me suis-je dit, tout en espérant que cette décision n'était pas le signe d'une perte de concentration, même petite.
J'ai commandé mon verre de canneberge habituel. En fait, il n'a pas fallu que je le demande. La serveuse au bar savait que c'était ce que j'avais toujours pris lors de mes visites précédentes et l'a suggéré. Elle me l'a donné avec une fraise accrochée au bord du verre, une nouvelle touche. J'ai siroté le jus en lisant le livre "Dieu voyage toujours incognito" de Laurent Gounelle que j'avais sorti de mon sac à bandoulière. Pendant tout ce temps, j'ai régulièrement gardé l'heure à l'esprit, savant que la vraie raison pour laquelle j'étais là n'était pas pour lire un bouquin, aussi fascinant qu'il était.
J'ai décidé de me jeter dans l'action à 21h30. J'allais juste le faire, c'est-à-dire, me lever et commencer à aborder le groupe de quatre, que ce soit mal vu ou pas, que je transpire encore ou pas. Auparavant, deux filles asiatiques étaient arrivées et elles avaient pris place au côté gauche du comptoir. C'était certainement une bonne nouvelle, car j'avais besoin de gens pour pouvoir faire le travail. Mais elles avaient commandé pour manger, alors je n'allais pas les déranger pour un toast. "Putain, on y va encore prudemment", me suis-je dit, d'une voix critique.
Alors 21h30 est arrivé, j'avais un trac fou, et dans un mouvement presque robotique, je suis descendu de mon siège, j'ai pris mon verre dans la main et commencé à marcher vers le groupe de quatre à côté de l'entrée, repassant le jeune couple, sans bébé à ce moment-là. Et quand je pouvais, je pensais : "J'espère qu'ils [le serveur et la serveuse] ne trouveront pas ceci bizarre et ne finiront pas à me mettre dehors." Clairement, j'avais du mal à prendre le risque de faire des erreurs ... des erreurs en public.
Finalement, j'ai atteint ma destination et prononcé les mots magiques, accompagnés des gestes qu'il fallait. "Hi !" "Cheers !" "Are you guys left-siders ?" Les deux gars du groupe avaient l'air prudents et gardaient le silence, tandis que les deux filles avec eux étaient plutôt réceptives. L'une d'entre elles était particulièrement joviale, ce qui m'a mis rapidement à l'aise. En fait, elle n'a pas non seulement répondu à ma question en me disant qu'elle écrivait de la main droite (ou de la main gauche, je ne me souviens plus de laquelle), elle a aussi lancé une nouvelle conversation en me demandant ce que je pensais du président français François Hollande. Une première. Peu après, je leur ai dit au revoir et je suis reparti vers mon siège, heureux d'avoir brisé la glace. Il fallait juste que je fasse cela quatre fois de plus.
Pour une raison ou pour une autre, je n'étais pas sûr de vouloir aborder ensuite le jeune couple. Je les ai passés à nouveau, sans leur adresser la parole. Enfin, celui qui hésite est perdu : quelques minutes plus tard, ils se sont organisés pour quitter le bar.
Pendant qu'une partie de moi se lamentait d'avoir essuyé cet échec, une autre partie attendant avec impatience une opportunité de réaliser l'approche numéro deux.
Quelques moments plus tard, une famille française de quatre est entrée dans le bar et a occupé l'espace au côté gauche du comptoir, à côté des filles asiatiques et directement en face de moi. Il y avait le monsieur, sa femme, et leurs deux enfants adolescents. Heu, aller voir une famille française pour leur demander s'ils étaient des left-siders. Pas habituel du tout. Du coup, j'étais hésitant. Ils allaient manger d'ailleurs, comme leurs voisines asiatiques. J'ai donc décidé de replonger dans mon livre, gardant un oeil sur eux pour savoir s'ils avaient fini et s'il ne leur restait que des boissons. Et puis, un couple français d'une cinquantaine d'années est arrivé et a s'est assis à mon côté du comptoir, à trois ou quatre sièges de moi, là où le couple précédent et leur bebé avaient été plus tôt. C'était merveilleux. "Je ne vais pas faiblir comme je l'ai fait avec mes voisins précédents", me suis-je dit, tentant de me convaincre.
J'ai décidé de faire mon prochain pas vers 22h10. J'avais deviné que les filles asiatiques auraient fini de manger à ce moment-là. J'hésitais toujours au sujet de la famille française à côté d'elles. Le couple français à côté de moi était des cibles probables comme ils prenaient des boissons. Et finalement, l'horloge a sonné 22h10. Je me suis levé et j'ai commencé à marcher à l'autre côté du comptoir, passant le couple. Je ne me suis pas arrêté jusqu'à ce que je sois derrière les filles, attirant leur attention. J'ai prononcé mes phrases et levé mon verre, mais leur compréhension de mes mots et de mes gestes n'avait pas l'air d'inspirer chez elles une réaction plus importante que de dire plus que "Hi" en retour et de sourire quand j'ai dit "Cheers !" Sans grande surprise, elles n'ont pas donné l'impression d'avoir compris mon anglais lorsque j'ai demandé si elles étaient des left-siders. Alors je les ai laissées, mais pas sans rendre leurs sourires. Deux en moins, plus que trois. Je me sentais très euphorique et suffisamment courageux pour aller vers la famille française tout près avant de remarquer qu'ils échangeaient avec le serveur au bar. Ca me gênait de rester derrière les filles asiatiques en attendant que la famille se libère du serveur. Mon sentiment d'euphorie avait vite disparu. Alors j'ai fait demi-tour et marché vers mon siège, m'arrêtant devant le couple français. Mon échange avec eux a été assez rapide ; ils ont sorti la carte "I-don't-speak-English", tout en n'apparaissant pas offensés par ma venue. Mais je n'étais pas déçu du tout. Au contraire : je venais de marquer une approche de plus, et il ne m'en restait que deux. Et je me disais : "Je peux le faire ! Je peux vraiment le faire !"
De retour dans mon siège, la famille de quatre avait commandé le dessert. J'ai décidé d'attendre avant d'aller les voir, et repris mon livre, continuant à siroter le jus de canneberge de mon verre. Une fois qu'ils avaient fini le dessert (et ne pourraient certainement rien commander d'autre), je voulais passer à l'action. Sauf que je n'avais plus de jus ! Alors je me suis abandonné à l'idée de commander un autre verre. Mais ce n'était pas la serveuse qui était là, mais le serveur, qui m'a donné le verre sans fraise. Super. Malgré la déception, je n'ai pas tardé à ramener mon attention sur la famille. Le père était sur le point de demander l'addition. "Non ! Attendez !", ai-je crié, sans voix. C'était alors ou jamais si j'allais faire quelque chose. A la fin, je n'ai pas bougé, croyant que ça ne servait plus à rien d'y aller, même si leurs verres étaient toujours sur la table. Je me suis contenté de les regarder partir, tout en me mettant à regretter les opportunités multiples de les aborder. Enfin, ce n'était pas comme si je voulais absolument avoir une conversation avec eux. J'avais juste envie de leur poser mes questions. Pourquoi ne me permettrais-je pas de faire ce dont j'avais envie ?
Je me suis livré à cette autocritique pendant un long moment, surtout comme aucun nouveau client ne venait. L'endroit avait l'air mort. En vérité, à l'exception du Saint-Valentin, il y avait souvent peu de monde chaque soir où j'étais venu. Bien sûr, le bar était relégué à l'arrière du bâtiment, au-delà du restaurant qui faisait face aux Champs-Elysées, et derrière le magasin près de l'entrée qui était très appréciée par les touristes. Quelques curieux se sont glissés dans le bar, mais juste pour regarder, prendre des photos, et puis partir. Et à l'esprit, je leur adressais la parole : "Non, restez ! Prenez un verre ! Attendez un instant !"
J'ai continué à ressasser les opportunités perdues. Si seulement j'avais fait ceci, si seulement j'avais fais cela, cette opération aurait été terminée, et j'aurais été un homme heureux. Mais j'y suis presque, il faut juste deux approches de plus. Cette opération ne peut pas mourir. Qu'est-ce que je vais faire ? Après tout, je suis toujours dans la bataille. Je ne veux pas renoncer, mais personne ne vient plus. Le temps passe. Je pense qu'ils vont fermer le bar bientôt. Oh non ! Maintenant je me sens vraiment mal après avoir hésité face aux opportunités précédentes.
Après trente minutes de souffrance pendant lesquelles j'ai essayé de faire disparaître la douleur en me concentrant sur mon livre, un groupe de quatre est entré dans le bar et a pris des places à côté de l'entrée. "Oui !", me suis-je dit, joyeux. Ils ressemblaient à une famille ‒ un homme, une femme et deux filles adolescentes ‒ et ils avaient l'air américains. Ils ont passé leur commande, qui comprenait des boissons et des desserts. J'ai décidé de patienter quelque temps avant d'agir. En attendant, j'ai vu un jeune couple entrer dans la salle, et il me semblait qu'ils allaient rester. "Oui ! Le voilà. Tu gères", me suis-je dit. Ils se sont installés dans des sièges au comptoir, faisant dos à l'entrée et étant à proximité de la famille américaine. Peu après, ils étaient debout, prenaient des photos des lieux. Touristes !
A 23h10, j'ai senti qu'il était l'heure de mettre fin à ce drame une fois pour toutes. Alors, sans autant de résistance qu'avant, je me suis levé et dirigé vers la table de la famille américaine. Le monsieur venait de sortir du bar, me laissant avec la femme et les deux filles. Je suis arrivé et j'ai fait mon ouverture, qui était eu un accueil mitigé. Les filles paraissaient à peine intéressées, et ne se sont pas beaucoup engagées dans la conversation. Je parlais quasiment à la femme, qui était plus chaleureuse, pourtant pas tant que ça. "Ben c'était sympa de vous rencontrer," a-t-elle dit en souriant. Je leur ai souhaité un bon séjour à Paris et sans perdre la moindre seconde, je me suis dirigé vers le couple assis tout près.
C'était la cinquième et par conséquent la dernière visite de l'opération, probablement la plus longue et la plus confortable. La meilleur pour la fin, peut-être. Quoi qu'il en soit, j'ai fait la connaissance de Zach et Katrina ‒ nous nous sommes même présentés ‒, qui ont dit qu'ils venaient de la côte gauche (pour dire la côte ouest) des Etats-Unis. Los Angeles pour être plus précis. Zach m'a dit qu'ils étaient en Europe pendant deux semaines, passant la première à Paris et puis la seconde à Bruxelles avec un voyage rapide à Bruges. Ayant visité Bruges à deux reprises, je lui ai proposé des sites à voir, notamment le Musée du chocolat et le Musée de la frite. Ils étaient tous les deux curieux de savoir ce que c'était un left-sider et je leur en ai expliqué le concept. Je ne crois pas avoir réussi à retenir leur intérêt. A noter : je dois améliorer ma communication sur un sujet d'une telle importance.
Cinq minutes plus tard, j'étais de retour dans mon siège, fou de joie. Je n'arrivais pas à croire que j'avais vraiment complété l'opération. Après toutes ces tentatives faites et tous ces verres de jus de canneberge bus. J'étais libre d'avancer. J'étais très heureux. Je l'étais d'autant plus que j'avais failli ne pas conclure, le serveur ayant averti un groupe de trois hommes à leur arrivée que le bar était déjà fermé. Imaginez. Si je n'avais pas saisi les occasions que j'ai pu saisir, je n'aurais probablement pas été capable de compléter l'opération et celle-ci aurait été morte.
Mais non, elle a obtenu le droit de rester en vie.
Ma satisfaction a atteint un sommet. J'ai commencé à m'ouvrir davantage aux deux serveurs. J'ai appris de la fille que le bar serait fermé pour l'été dans deux semaines ‒ quelle chance que je sois venu ce soir-là ‒ et qu'elle passerait après des vacances en Grèce pendant deux semaines. Plus tard, quand elle s'était absentée et le type était là, je lui ai demandé quels étaient ses projets de vacances. Los Angeles. "Vraiment ?", lui ai-je demandé. "Le client à la fin du comptoir est de Los Angeles, vous devriez lui parler", ai-je ajouté, pointant du doigt l'endroit où Zach était. "Ah, j'y étais l'année dernière, donc je connais mon chemin", a-t-il répondu. Il a dit qu'il aimait beaucoup la ville.
A 23h30, presque deux heures et demie après mon arrivée dans le bar, je suis parti, ayant réglé mes deux boissons. Il y avait encore du jus de canneberge dans le dernier verre. Je n'en pouvais plus, ma bouche en avait marre. En avançant vers la sortie, j'ai passé la famille de quatre et dit au revoir encore une fois à Zach et Katrina. Une minute plus tard, je m'étais jeté sur les Champs-Elysées. L'avenue était illuminée et bourdonnante comme d'habitude. Je me suis joint à la foule des passants, le moral au beau fixe et la conscience calme, tout en prenant plaisir à me dire que l'opération Bar Games allait vivre encore.
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| Si le bar ressemblait souvent à ceci, peut-être l'opération aurait-elle été finie plus tôt ? |







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