Le mardi 7 avril 2015, peu après 9h, j'ai rejoint d'autres Paris Sketchers devant Shakespeare and Company, la célèbre librairie anglaise sur la rive gauche de la Seine, à Paris. Brigitte avait organisé une séance de croquis exclusive dans la librairie, à commencer une heure avant que celle-ci soit ouverte au public et notamment aux touristes. C'était un évènement que je ne pouvais pas rater, surtout parce que j'avais personnellement tenté presque un an plus tôt d'avoir l'autorisation d'y dessiner en groupe. Je n'étais pas allé très loin dans ma démarche, à cause des complications liées à la présence d'une douzaine de personnes dessinant dans un lieu commercial qui était aussi singulier, assez confiné et souvent rempli, avec les visiteurs plus nombreux que les clients. Heureusement, Brigitte, qui était récemment devenue une Paris Sketcher, a décidé de relever le défi toute seule, comme si c'était une chose naturelle à faire et sans connaissance de mes efforts précédents. Et c'était un défi qu'elle a surmonté avec enthousiasme.
Le simple fait de marcher vers la librairie ce matin-là, depuis la station de métro Cité et à travers la Seine en passant par Notre-Dame, était super. Certainement, la demi-journée de congé que j'avais posée au travail y était pour beaucoup. En plus, il y avait le vieux mais agréable sentiment d'être en plein coeur de Paris. Même si ça faisait huit ans que je vis à Paris, je peux me réjouir de l'idée de redécouvrir une partie populaire de la ville. Comme un touriste.
Ce qui était encore plus super, c'était de retrouver la dizaine de sketchers qui étaient arrivés à l'heure devant la librairie. Brigitte, Sophie, Martine, Marion, Blandine, Béatrice, Gu, Claire, Joelle et Constance, que j'ai rencontrée pour la première fois. J'ai trouvé le moment spécial, comme si nous allions faire partie d'une mission secrète. Peu de temps après, la librairie était ouverte et nous y sommes entrés en file. Eriko est arrivée juste à temps, avant que la porte soit refermée. Je me suis demandé si les retardataires y seraient acceptés. Puis, mon attention s'est fixée sur ce qui se passait dans la salle.
Nous avons reçu un accueil chaleureux de la part de Camille, une employée de la librairie et notre contact pour la journée (qui, dans l'heure qui a suivi, viendrait nous offrir du café ‒ sympa !!!), avant d'aller visiter les pièces et les couloirs des deux étages à la recherche de quelque chose qui valait la peine d'être croqué.
Moi, j'ai commencé dans une pièce à l'étage dont la plupart des murs étaient bordés d'étagères pleines de livres, de livres et encore de livres. Une porte menant à une pièce assez cachée et une fenêtre donnant sur Notre-Dame complétaient le décor des murs. Plusieurs sketchers, notamment Blandine, Martine et Constance, y étaient déjà installées et bavardaient entre elles tout en dessinant. J'ai vu une place vide sur un long banc et m'y suis assis.
Ce n'était que lorsque j'avais fini ‒ vers 10h ‒ que je me suis rendu compte qu'il aurait fallu passer la première heure privée de visiteurs au rez-de-chaussée, qui avait tendance à attirer plus de gens car tout le monde passait par là. C'était là d'ailleurs où se situaient les caisses. Essayant de rattraper l'opportunité perdue, je me suis descendu rapidement. Même si la librairie était déjà ouverte au public, même si des groupes de passants se succédaient déjà, j'étais résolu à y faire mon deuxième dessin. J'ai eu de l'espoir grâce à Brigitte, que j'ai trouvée assise sur le sol dans une salle près de l'entrée, avec son grand carnet largement ouvert et les pages de celui-ci ornées par une variété de couleurs. Je lui ai parlé de la situation dans laquelle j'étais et, à mon grand étonnement, elle s'est débrouillée pour me trouver de quoi s'asseoir ! Elle a fini par sortir un tabouret de l'espace sous une table proche, mais d'une façon qui laissait penser qu'elle n'avait pas su qu'il s'y cachait. C'était comme de la magie. Emerveillé, j'ai essayé de faire preuve de gratitude en faisant un croquis d'une partie de la vue qu'elle reproduisait déjà à l'aquarelle.
2 heures, 2 croquis. J'étais très content de mon rythme. Il était prévu que nous déjeunions ensemble à 12h30 à La Bûcherie, un restaurant à deux pas de la librairie, ce qui voulait dire que je pouvais facilement me lancer dans un troisième croquis. Il y avait une petite pièce à l'étage avec un piano où tout le monde (ou semblait-il) avait dessiné. J'y étais passé plus tôt pour regarder et elle avait l'air intéressante en effet. Alors je suis remonté pour tenter ma chance. Une fois dedans, j'ai eu de la chance de trouver une place face au piano, à l'autre bout de la pièce. Je n'étais pas sans compagnie. Il y avait aussi Eriko, Lionel, Gu et Blandine. Plusieurs non-sketchers sont venus ou y étaient déjà, pour visiter, pour feuilleter des livres, ou encore pour lire plus confortablement assis à côté de nous. Quelquefois, un curieux a engagé la conversation en anglais avec un sketcher ou deux. Pendant tout ce temps, j'ai dessiné, amusé.
Vers 12h30, j'ai remercié les membres du personnel que j'ai vus et puis je suis sorti de la librairie. Le calme (relatif) qui y régnait à l'extérieur dans la matinée avait bien disparu, ce qui était peu étonnant. La majorité des sketchers y étaient déjà, et je les ai accompagnés au restaurant. Il y avait une quinzaine d'entre nous à recevoir, y compris Camille, mais les serveurs ont bien géré la situation. A table, nous avons fait passer les carnets, faisant des remarques par ici et des compliments par là. C'était une façon sympathique de conclure une expérience superbe ‒ au moins pour moi, qui ai dû quitter le restaurant avant les autres, disant au revoir au Paris touristique et bonjour au Paris travailleur. Hélas.
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