dimanche 15 février 2015

sécurité et risque

Récemment, j'ai découvert une relation étrange entre le risque et la sécurité.  Et pour cela, je ne peux remercier personne d'autre que Paul Arden, affirme dans son livre "Whatever You Think, Think The Opposite" ("Quel que soit ce que vous pensez, pensez le contraire") que le risque est la sécurité dans la vie.  D'habitude, nous penserions que la sécurité était un pré-requis pour le risque.  Nous nous attendrions à ce que les gens qui ont beaucoup d'argent puissent acheter des produits et des services chers sans s'inquiéter et à ce que ceux qui en ont peu fassent peu d'achats importants.  Dans un lieu de travail, nous nous attendrions à ce que les gens qui ont beaucoup d'expertise dans un certain domaine soient capables de prendre les décisions risquées dans une période d'incertitude et à ce que ceux qui ont peu d'expérience dans le même domaine suivent les instructions.  Mais vu le titre de son livre, Paul Arden nous met au défi d'envisager le contraire, déclarant que c'est le risque qui nourrit la sécurité.

Je suis fasciné par ce lien entre le risque et la sécurité parce que ça fait quelques années que je travaille sur le concept de la sécurité.  Et pour être clair, je ne parle pas de la sécurité financière.  Je parle plutôt d'un type de sécurité plus profond.  Le type de sécurité qui est plus universel que l'argent.  Le type de sécurité qui est même capable d'influencer les décisions liées à la sécurité financière.  Le type de sécurité qui touche chaque personne, riche ou pauvre, tout au long de sa vie, de l'enfance à la vieillesse.  Je parle de la sécurité émotionnelle, et surtout le manque de celle-ci.

En tant qu'être humain vivant en société, chacun d'entre nous a ou a eu des insécurités émotionnelles.  Chacun d'entre nous a eu conscience d'une chose sur soi-même qui, si elle était exposée, ferait naître en soi-même des sentiments peu agréables, comme ceux d'être rejeté, ridiculisé, ignoré ou affaibli.  Qui désire ces sentiments ?  Qui les apprécie quand ils sont éprouvés ?

L'une de mes plus grandes insécurités émotionnelles se manifeste lorsque je souhaite faire quelque chose qui vient d'un endroit profondément personnel mais qui est nettement différent de ce que font la plupart des gens autour de moi, surtout si ceux-ci font plus ou moins les choses habituelles.  Quelque chose comme traîner dans les rues de Paris un samedi pour demander à une de 50 personnes en anglais si elle venait de la capitale d'un des 50 Etats américains, ce qui, j'avoue, n'est habituel.  Ou quelque chose comme aller à chaque bureau dans un petit open space partagé avec 15 collègues entre 16h00 et 17h00 lors d'un jour choisi au hasard chaque semaine pour dire bonjour et bavarder brièvement si possible, pendant que ces collègues travaillent tous sur leurs ordinateurs.  Ou même quelque chose comme utiliser un espace public quoique virtuel comme Facebook pour partager un article personnellement écrit sur l'insécurité émotionnelle alors que beaucoup d'autres utilisateurs de Facebook partagent des photos de leurs voyages ou de leur quotidien, des messages concernant un évènement qui s'est passé ou des articles écrits par d'autres personnes.  Quel que soit le contexte, mon sécurité émotionnelle est en jeu lorsque je prends conscience d'une opportunité de réaliser un de mes souhaits précieux. Des fois, je saisis l'opportunité et récolte les fruits de satisfaction qui suivent logiquement.  D'autres fois, je ne saisis rien, et tout ce que je peux faire ensuite est d'éprouver la peine de la défaite.  Appelez ça une lutte si vous voulez.

Il y a quatre ans, j'ai entendu un homme sage dire qu'on pourrait se débarrasser de ses insécurités en les présentant, et je l'ai cru.  C'est probablement pour cette raison je conçois des plans que j'appelle des 'opérations' pour soutenir mes souhaits de démontrer mes tendances particulières en public, avec l'espoir de gagner en sécurité en ce faisant ou, encore mieux, de surmonter l'insécurité de vouloir faire les choses différemment.

Jusqu'ici tout va bien, la prise de risque semble être en train de payer.  Bien que j'aie toujours des moments où je manque de sécurité émotionnelle, j'ai découvert que je suis moins troublé qu'avant par les évènements qui résultent des actes des autres (ou du manque de ceux-ci).  Par conséquent, j'arrive plus à être maître de mes émotions.

Comme c'est beau de faire sans l'attente que les autres vous reconnaissent, qu'ils vous prêtent attention ou qu'ils approuvent ce que tu fais.

Comme c'est beau de vous sentir libéré du besoin de reprocher aux autres d'être plus normaux que vous, en matière des idées et des opinions.

Comme c'est beau d'ignorer la tentation de garder rancune contre quelqu'un ou d'entretenir des sentiments d'envie envers quelqu'un qui semble bien faire tout le temps.

Comme c'est beau de vous intéresser à la vie des gens que vous connaissez et que vous rencontrez sans les reprocher lorsqu'ils n'agissent pas réciproquement.

Comme c'est beau d'avoir quelque chose qui sollicite votre attention plus que les ennuis de tous les jours et qui dépend principalement de vos efforts.

Comme c'est beau d'éprouver quelque chose de si spécial que vous ne pouvez trouver qu'un seul mot pour le décrire : épanouissement.

Si c'est ça en quoi consiste vraiment la sécurité, j'en veux plus, plus jusqu'à ce que ce soit une seconde nature.  Alors, en m'inspirant de Paul Arden, je dois rester prêt à me risquer en mettant en oeuvre mes idées personnelles et inhabituelles en public.


Les risques sont une mesure des gens.  Les gens qui ne les prendront pas essaient de préserver ce qu'ils ont.  Les gens qui les prennent finissent souvent par en avoir plus.

‒ Paul Arden

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire