dimanche 6 juillet 2014

pourquoi j'aime paris (5)

Le dimanche 25 mai 2014, j'ai rejoint d'autres membres du groupe Paris Sketchers dans le 14ème arrondissement de Paris à l'occasion de la Fête de la Nature.  La sortie était une convergence de trois projets séparés.  D'abord, il y avait Sigrid, une urban sketcher de Vancouver, qui nous avait informés quelques mois plus tôt de son séjour à Paris avec l'espoir de dessiner avec nous.  Ensuite, il y avait Charlotte, urban sketcher de Paris et présidente du "Lapin Ouvrier", une association qui gère un jardin partagé dans le 14ème arrondissement, qui nous avait invités à visiter son jardin lors de la fête et à croquer là-bas finalement.  Enfin, il y avait Marion, une autre urban sketcher de Paris, qui nous avait parlé d'un groupe d'amateurs de dessin de Porto Rico désireux de dessiner avec d'autres personnes pendant leur passage à Paris.  Etant donné ces contextes différents, ça allait être un dimanche qui ne serait pas seulement riche en vues, en croquis et en soleil, mais aussi riche en expériences partagées.

D'un point de vue personnel, je cherchais ce jour-là à dessiner comme si j'étais fou.  Je venais de revenir de vacances à l'étranger et, comme je n'avais pas fait beaucoup de croquis pendant ce temps-là, j'avais pris du retard dans mes efforts de faire mon quota hebdomadaire.  Alors je devais faire un rattrapage pour rétablir l'équilibre.  Ayant tenu compte du travail déjà fait, j'ai déduit qu'il suffirait de faire 8 croquis de façon que chacun prenne 30 minutes ou moins, en l'espace des 3 ou 4 heures avant que tout le monde se retrouve pour le pot traditionnel post-dessin.  Comme vous pouvez l'imaginer, ce projet laisserait peu de temps pour réfléchir aux dessins terminés ou pour engager une conversation, soit deux choses que je faisais d'habitude.  Huit croquis en quelques heures.  Un défi auquel je n'avais jamais été confronté, même pas lors des SketchCrawls, où des sketchers se retrouvent dans différentes villes du monde pour passer une journée entière sur un site particulier à ne rien faire d'autre que des croquis.

A la fin, je n'ai pu réaliser que 7 croquis, soit 5 de plus que mon record précédent.  Bien que j'aie réussi à garder mon stylo sur les feuilles de mon carnet pendant (presque) trois heures et demie, le temps passé a été par moments marqué par quelques distractions agréables.

RÉSUMÉ

Après être arrivé à la place de la Garenne et avoir rapidement dit bonjour à Marion et à Jean-Marc, qui étaient tous les deux déjà au travail, je suis allé déplier mon trépied dans un coin de la place où je me suis échauffé en faisant le croquis ci-dessous.


J'ai trouvé la vue ci-dessous sur le jardin de la ZAC Didot intéressante, alors j'ai commencé à gribouiller.  A un moment, j'ai remarqué une dizaine de personnes passer du jardin à la place avec Charlotte et puis aller là où Marion était assise.  C'étaient les sketchers de Porto Rico.  Toujours accompagnés de Charlotte, ils sont venus me dire bonjour après.  J'ai arrêté de dessiner pour bavarder avec eux, profitant de l'occasion pour ressusciter mon espagnol avec un succès faible.  Heureusement pour moi, l'organisateur du groupe parlait français.

Quelque temps plus tard, Sigrid est arrivée, à vélo.  J'ai fait sa connaissance et eu plus d'aisance à parler avec elle en anglais après que nous avons commencé en français.


Les choses sont devenues plus intéressantes une fois que je suis entré dans le jardin.  A l'opposé du calme et du vide sur la place, il y avait de l'ambiance dans le jardin, des enfants jouant un peu partout et des adultes se promenant avec un air curieux.  J'ai vite repéré Charlotte, qui était elle aussi vive et surtout accueillante.  Elle m'a expliqué comment marchait le concept du jardin partagé et m'a même fait goûter des feuilles des plantes cultivées là-dedans, notamment le thym et l'estragon.  Après un temps, comme j'avais très hâte de reprendre le dessin, Charlotte m'a trouvé une place discrète sous l'ombre au centre d'un enclos où poussaient des plantes et quelques arbres.  Pour un emplacement, je n'ai pas pu demander de mieux.  Depuis là-bas, j'ai trouvé une scène intéressante, sauf que Sigrid et Marion y figuraient, absorbées dans leur travail.  Même si je préférais éviter de dessiner les gens, j'ai senti que je n'avais pas d'autre choix que de inclure les deux filles dans ma composition.


Ayant besoin d'un croquis de plus dans le jardin avant de partir, je me suis contenté de faire celui qui est montré ci-dessous.  Pendant que je dessinais, Charlotte est venue m'offrir du sirop des coings cultivés dans le jardin.  Quelle gentillesse !  Plus tard, Marion a commencé à annoncer qu'on irait dans peu de temps à la rue des Thermopyles, qui n'était pas loin.  Je n'y avais jamais été, mais j'ai déduit que c'était un lieu remarquable.  J'ai retenu cela à l'esprit et je me suis dépêché à terminer mon croquis.


Je me suis joint au groupe qui se dirigeait vers la rue des Thermopyles.  Quelques minutes plus tard, nous nous sommes retrouvés sur une rue presque droite et étroite qui dégageait une ambiance de campagne.  Mais ce qui m'a frappé le plus et probablement les autres aussi , c'était le grand ensemble de plantes étendu sur les façades des bâtiments qui bordaient la rue.  Il y avait même un paquet épais de branches feuillues qui allaient d'une façade à celle en face, formant une arche de plantes sous laquelle pouvaient passer les gens et les voitures.  C'était vraiment une scène incroyable.  Avec un grand plaisir, j'ai commencé à saisir la vue vers le bout de la rue, une vue que j'ai retrouvée bloquée moins de cinq minutes après par une sketcher de Porto Rico.  Je n'étais pas sûr de ce qu'elle faisait car elle me tournait le dos, mais comme elle ne n'a pas quitté l'endroit où elle était, j'ai conclu qu'elle croquait.  Et j'avais raison.  A ce moment-là, je n'ai pas pu trouver d'autre solution que de la mettre dans le croquis. J'ai dû même la dessiner sur la ligne initiale que j'avais tracée pour marquer le bord du trottoir de gauche.


J'ai cherché une autre vue tout près qui n'avait rien à voir avec la perspective d'une rue droite et étroite.  J'en ai trouvé une simplement en regardant dans le sens opposé.  Là, Luis Alfonso, qui dirigeait le groupe de sketcheurs portoricains, Marie-Odile, une sketcher de Paris, et un sketcher de Porto Rico étaient assis sur le trottoir, remplissant leurs carnets.


Peu de temps après que j'ai commencé encore un autre croquis sur la rue des Thermopyles, Marion rassemblait le groupe pour l'amener à boire dans un café du quartier, ce qui signalait généralement la fin de la séance de dessin.  J'étais déterminé à mener mon projet jusqu'au bout, alors quand le groupe se préparait à partir, j'ai continué à dessiner, certes plus vite.  Après 20 minutes dans une solitude retrouvée, j'avais fini.  Le croquis No. 8 allait attendre un autre jour, car j'avais plutôt envie de rejoindre le groupe.  Par ailleurs, j'étais aussi crêvé et mon bras de dessin avait besoin de se reposer longuement.  Alors je me suis levé, j'ai plié mon trépied pour une dernière fois, et je suis parti la direction du jardin d'où nous étions arrivés, très content des efforts que j'avais fournis, en compagnie d'une vingtaine de sketchers, certains de Paris, d'autres de plus loin.


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