Je n'ai pas les mots pour décrire Eric von Sydow, alias Hypnotica. Sage ? Poète ? Dragueur ? Peut-être aucun des trois, ou bien tous. Comme le préférerait l'intéressé lui-même, il ne se rangerait pas dans une catégorie.
J'ai découvert Hypnotica il y a deux ans environ sur Internet. Je ne me rappelle plus exactement comment, mais on peut au moins dire que je consultais des sites sur les techniques de drague. Ma recherche s'est arrêtée lorsque je suis tombé sur une interview sur lui intitulée "The Rise of The Renessaince Man - A Conversation With Hypnotica".
Hypnotica a parlé de la valeur d'être un homme qui s'épanouissait en la présence de l'énergie sexuelle d'une femme. En traitant ce sujet, il a raconté ses expériences, décrit sa philosophie et donné des conseils destinés aux hommes. Il y avait une partie en particulier de l'interview dans laquelle il a confirmé s'être promené dans un centre commercial avec un godemiché attaché à la tête. Imaginez. Un godemiché ! Il a avoué que certaines personnes avaient trouvé cela stupide. D'autres avaient pensé qu'il essayait juste de prendre de l'assurance. Mais Hypnotica, le "inner game guru", pouvait voir au-delà de cela. Alors qu'il y avait en partie la question d'avoir confiance en soi, ce qu'il voulait vraiment était de se désensibiliser au ridicule public. Pourtant plus important encore, il voulait être, selon ses propres mots, un "iconoclast thinker" (penseur iconoclaste).
Alors que je ne connais pas très bien le terme, je dirais qu'un penseur iconoclaste est quelqu'un qui non seulement voit les choses différemment de la plupart des gens mais qui aussi forme son esprit comme il le veut. Il n'est pas attaché aux façons de penser qui sont populaires dans la société. En fait, il est libre du conditionnement dont la plupart des gens sont soumis depuis leur enfance. Clairement, un penseur iconoclaste crée son propre chemin dans la vie, qui est décidément différent de celui qui est suivi par la majorité des gens.
Il va sans dire que j'étais éclairé après avoir lu l'interview. Comme j'avais déjà commencé à m'intéresser au contrôle de la conscience et aux moyens d'utiliser ce contrôle pour supprimer la peur, je pouvais immédiatement m'identifier à ce que disait Hypnotica. Alors j'étais aussi d'accord quand il avait indiqué que la façon de réduire la peur (sinon de l'éliminer) était de l'accepter dans les circonstances qu'on l'éprouvait ; agir autrement ne servirait à rien d'autre que de la perpétuer. L'approche d'Hypnotica face à ce type de problème était pourtant extrême. Et elle était forte. Ce mec voulait faire rentrer le message. Heureusement qu'il a fait ainsi, parce que sinon je n'aurais peut-être pas fait attention. L'opération Safe Sex était même inspirée en partie de son expérience de godemiché (ou plutôt de son partage de celle-ci). Lorsque je me mets à avoir peur au moment de réaliser l'opération, j'essaie de me concentrer en me posant une question simple : "Il ferait quoi Hypnotica ?" La réponse, évidente, apparaît aussitôt : "Il irait de l'avant." Alors de l'avant je suis (presque) toujours allé, et de l'avant je compte continuer à aller.
Récemment, je me suis rappelé l'interview. Je l'ai cherchée partout sur Internet, sans succès. J'ai commencé à regretter de ne pas avoir enregistré une copie pour moi-même*. Heureusement, j'ai pu me remonter après avoir découvert que Hypnotica avait publié un livre intitulé "Metawhore : My Cock Don't Talk Politics". Celui-ci semblait être le prix de consolation parfait, et je n'ai pas tardé à l'arracher sur Amazon.com.
C'est un livre poignant et sensationnel sur l'expérience de la vie de Hypnotica jusqu'ici, présentée d'une façon où tous les coups sont permis. "Metawhore est un voyage à travers la non-conformité, le développement spirituel et l'expression sexuelle, révélant l'homme intérieure primaire et explorant le terrain vaste de la psyché femelle. C'est un doigt d'honneur au conditionnement social et un pouce levé à l'individualité", dit le premier paragraphe sur le dos du livre. Juste assez pour m'attirer. J'ai tout dévoré comme un gamin appauvri devant un buffet de gâteaux. Tout simplement, c'est un livre qui déchire. J'ai remarqué que l'auteur a utilisé la phrase "c'est juste l'une des mes expériences sociales dingues et temporaires" pour rassurer ses parents quand il allait mener une vie sans domicile fixe et qu'il a écrit "je pense pour moi-même comme un esprit libre". Pas mal. Les expériences sociales et l'esprit libre n'étaient pas que dans ma tête après tout.
Pour Hypnotica, encore un autre mentor virtuel, c'était une façon de vivre.
* Ce n'est pas tout à fait vrai. J'ai retrouvé juste hier une partie que j'avais enregistrée de l'interview en décembre 2011. Et c'est la partie qui compte.

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