Say exactly what you believe & accept that you may offend on occasion over trying not to offend & risk no one knowing what you believe
Dis exactement ce que tu crois et acceptes que tu puisses offenser à l’occasion au lieu d’essayer de ne pas offenser et de risquer que personne ne sache ce que tu crois
‒ Simon Sinek
Au début d’un après-midi de dimanche de fin mai, je partais de chez moi pour rejoindre mes amis Aziz et Mélodie au marché de Montreuil, en région parisienne. Je prenais le long chemin à la station de métro la plus proche, et en cours de route j’ai vu une dizaine de personnes en train de faire la queue devant une boulangerie. Au milieu de cette queue, j’ai remarqué une ouverture et au lieu de la traverser, je l'ai occupée. Alors je voulais moi aussi acheter du pain de dimanche.
Dans cet instant même, la partie la plus audacieuse de l’opération Original jusqu’alors venait de s’achever. Ca m’avait pris des mois, sans compter plusieurs déceptions, avant cet aboutissement.
En toute honnêteté, la partie n’était pas le succès que j’avais imagine, car le type derrière moi n’a rien fait pour me faire savoir que j’avais pris sa place. En fait, il n’a pas réagi du tout. Et comme je n’étais pas là pour acheter du pain, je suis sorti de la queue au bout d’une minute.
Plus tard ce jour-là, j’ai raconté mon accomplissement à la boulangerie à Christelle, une copine. Je trouvais amusant tout ce qui concernait l’expérience, mais Christelle en pensait autrement. Elle avait l’impression que je cherchais à créer une confrontation avec des inconnus.
Je ne pouvais pas nier son point de vue car c’était exactement le même point de vue qui m’avait empêché à plusieurs reprises de réaliser l’exploit dans le passé. Alors après ce qu’a dit Christelle, je suis laissé mon côté réfléchi trancher la question.
Je préfère ne pas déranger les gens, même pas pour la moindre chose. Cela dit, quand on suit une voie personnelle de la libération, je pense que la question de déranger éventuellement les gens ou pas finit par devenir secondaire. Importante sûrement, néanmoins toujours secondaire.
Dans ce monde où nous vivons, il y a des gens qui sont souvent déprimés, blasés ou qui s’ennuient. Ils ont de belles idées mais manquent la volonté de les poursuivre. En fin de compte, ils sont enfermés dans une routine qui ne les aide pas. Alors ils cherchent, consciemment ou pas, quelque chose de nouveau, quelque chose de frais.
Ailleurs dans le même monde, il y a d’autres gens. Ils sont plus fréquemment dynamiques, enthousiastes, entreprenants. Ils ont de belles idées aussi, qu'ils cherchent à réaliser à tout prix. Pour eux, c’est une question de vie et de mort. En plus, ils pensent que leurs idées sont belles parce qu’au cœur de ces idées sont les gens, ainsi que l’opportunité d’enrichir la vie des gens en leur proposant quelque chose de nouveau, quelque chose de frais.
Ca ressemble à deux groupes faits l’un pour l’autre, n’est-ce pas ?
Le consensus, semble-t-il, est que les gens n’aiment pas se faire déranger. Cela dit, je pense qu’il y a des gens qui veulent en fait être dérangés, pourtant jusqu’à un degré qui varie selon la personne. D’autres ne sont pas gênés s’ils se font déranger un peu. Parmi ces gens-là se trouvent des individus qui veulent être vus, entendus ou qui veulent simplement avoir le sentiment d’exister. Plus le dérangement fait preuve d’originalité, plus il y aura des chances que des gens l'apprécient. Et même si ce n’est pas agréable, le dérangement aura au moins donné l’occasion d’échapper à la routine.
Par ailleurs, ce qui dérange une personne peut en amuser une autre. Il n’y a aucun moyen de pouvoir savoir lequel est le cas avant que l’acte ne soit accompli. Vaudrait-il le coup si nous ne prenions jamais le risque ?
Sur un plan plus individuel, je pense en fait que c’est justement en courant le risque de déranger les gens ‒ au lieu de chercher à les éviter ‒ qu’on peut finalement arriver à être libéré des questions du type “Eh mais qu’est-ce qu’on pensera de moi ?” qu’on se pose souvent. Je sais bien que je ne veux pas me préoccuper de ces questions pour plus longtemps.
Alors de déranger les gens, nous risquerons, lorsque c’est nécessaire, afin de devenir les esprits libres que nous désirons être. Nous agirons avec sens, avec style, avec conscience et avec respect pour les autres ainsi que pour nous-mêmes, du mieux que nous pouvons.
Mais de déranger les gens, nous risquerons.
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